MotoGP Qatar : Quartararo sauve les meubles mais reste amer

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par Lucas Moretti

Le Grand Prix du Qatar n’a pas offert à Fabio Quartararo le scénario espéré. Parti en première ligne pour la première fois depuis Assen 2022, le pilote Yamaha n’a pas réussi à convertir cette belle position en un résultat à la hauteur de ses ambitions. Sa 7e place finale — après la pénalité de Maverick Viñales — reflète les limites actuelles de sa Yamaha, toujours en quête de compétitivité face aux redoutables Ducati et KTM.

Un départ canon… tombé à plat

Tout avait pourtant bien commencé pour Fabio Quartararo, qui s’élançait de la troisième place sur la grille. Une performance qui n’était plus arrivée depuis plus d’un an et demi. Mais dès les premiers tours, le Français a vu sa position s’effondrer. Piégé dans un groupe ultra compétitif, dominé notamment par les Ducati privées de la Gresini Racing (Fermín Aldeguer et Álex Márquez), le pilote Yamaha a subi plutôt qu’il n’a attaqué.

« Ça a été dur. Les premiers tours n’ont pas vraiment été fun« , a-t-il reconnu en toute franchise (source : Yamaha Racing). Ce déficit d’adhérence de la M1 dans les phases critiques du départ semble persister, un problème récurrent déjà observé depuis plusieurs saisons. « On a plus ou moins le même problème que d’habitude quand le grip est faible« , a-t-il ajouté, soulignant une nouvelle fois le retard technologique de Yamaha par rapport à ses rivaux directs.

Un week-end contrasté pour Yamaha

Pourtant, le week-end qatari n’a pas été entièrement négatif. Quartararo avait montré un visage bien plus conquérant lors de la Sprint Race du samedi, conclue à une prometteuse 5e place. « Malheureusement, je n’ai pas pu faire les mêmes premiers tours qu’hier« , analysait-il, en évoquant également les différences de comportement entre les formats course et sprint. Ce contraste met en évidence l’instabilité de la Yamaha selon les conditions, un point que l’équipe devra impérativement comprendre et corriger.

D’un point de vue comptable, les progrès sont notables pour l’écurie Monster Energy Yamaha MotoGP. Avec 33 points marqués lors des deux derniers GP — contre seulement 11 lors des deux premiers — le cap de la progression semble enclenché. Massimo Meregalli, directeur sportif, tempère cependant cet optimisme : « C’était une course difficile. Le week-end n’a pas été facile, mais nous allons continuer à nous battre » (source : Yamaha Racing).

Des améliorations en approche… mais le temps presse

Les prochaines échéances seront cruciales pour Yamaha. Des évolutions techniques sont prévues d’ici le Grand Prix de Grande-Bretagne, et elles s’annoncent déterminantes pour inverser durablement la tendance. Quartararo, lui, reste lucide mais encourageant : « Ce n’est pas la course que j’espérais, mais on part avec un bon feeling« . Cette progression de la confiance, notamment en qualifications, montre que le potentiel existe toujours.

Mais dans un MotoGP aujourd’hui dominé par les avancées techniques spectaculaires de Ducati (aérodynamique, device de holeshot, gestion électronique), Yamaha ne peut se contenter de demi-mesures. Il lui faut rapidement des solutions concrètes sur les performances à l’accélération, la gestion de l’adhérence et la stabilité en peloton.

Le prochain objectif, plus que jamais : passer de la « survie » à la « compétition ».

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