Depuis son arrivée fracassante en 2024 pour sauver le programme satellite Aprilia ex-RNF, Trackhouse n’a jamais caché ses ambitions dans le monde du MotoGP. Alors que son contrat initial touche à sa fin, l’écurie américaine pose les jalons d’un avenir solide avec le constructeur de Noale. Une stratégie claire, tournée vers la continuité et la compétitivité internationale.
Une alliance stratégique reconduite pour 2025 et au-delà
Alors que le paddock MotoGP bruisse régulièrement de rumeurs sur les changements d’équipes, de constructeurs ou d’alliances, Trackhouse coupe court à toute spéculation : l’Amérique restera aux côtés de l’Italie. Dans une récente déclaration à GPOne, Davide Brivio – team principal de Trackhouse – a confirmé que les discussions pour renouveler le partenariat avec Aprilia étaient bien avancées.
« Notre plan pour le futur est de renouveler notre contrat avec Aprilia », a précisé Brivio. « Certaines des choses les plus importantes sont déjà définies. Nous devons parler des détails, mais ce sont des choses mineures. » (Source : GPOne)
Cette volonté de continuité symbolise bien plus qu’un contrat technique. Elle confirme que Trackhouse n’est plus un simple invité temporaire dans le grand cirque du MotoGP. Après avoir su consolider l’héritage fragile de RNF, l’équipe s’est adaptée aux exigences d’un championnat mondial exigeant, loin de ses racines dans la NASCAR.
Trackhouse et Aprilia : quatre motos, une même ambition
À l’issue d’une saison 2025 prometteuse pour la RS-GP, Aprilia mise désormais sur la performance collective. Massimo Rivola, patron de la firme de Noale, veut voir briller l’ensemble de la structure, qu’elle soit d’usine ou satellite. Et Trackhouse est totalement intégrée à cette vision.
Avec Raul Fernández – enfin révélateur de tout son potentiel – et Ai Ogura, espoir japonais de la nouvelle génération, Trackhouse aligne un duo jeune, rapide et motivé. L’objectif : que les quatre Aprilia engagées sur la grille puissent se battre régulièrement dans la première moitié du classement.
Dans la même interview, Brivio souligne les progrès réalisés par Trackhouse pour s’adapter à l’écosystème MotoGP : « Ces deux années ont été très utiles à Trackhouse pour faire cette expérience, comprendre le MotoGP, mieux entrer dans ce milieu. » L’équipe s’était donnée une mission : ne pas faire de la figuration. Aujourd’hui, elle est prête à jouer un rôle clef dans l’échiquier du paddock.
Une ambition globale, au-delà du simple engagement sportif
Pour Justin Marks, fondateur visionnaire de Trackhouse, l’engagement en MotoGP n’est pas qu’une aventure sportive : c’est une ouverture stratégique vers l’international. Habituée aux pistes américaines de la NASCAR, l’équipe découvre désormais les spécificités logistiques, culturelles et réglementaires d’un championnat mondial.
Cette montée en puissance s’inscrit aussi dans le contexte d’un MotoGP en pleine transformation, avec de nouvelles audiences, de nouveaux marchés, et une ouverture plus marquée vers les États-Unis – où Liberty Media (déjà propriétaire de la F1) a fait une entrée majoritaire dans la gouvernance de Dorna. Pour Trackhouse, c’est donc le bon moment pour s’affirmer.
Car malgré les défis, l’équipe affiche désormais une maturité nouvelle, et un objectif simple : s’inscrire durablement dans l’élite. Trackhouse ne veut plus simplement participer. Elle veut exister, peser, et pourquoi pas un jour, viser le sommet.
Un message fort : stabilité, confiance et ambition
Dans un MotoGP traversé par des transformations techniques, des aléas économiques et une concurrence ultra-serrée, la stabilité d’une alliance comme celle entre Trackhouse et Aprilia est un signal rare et précieux. Pour Noale, c’est la garantie de pouvoir continuer à développer la RS-GP avec un partenaire fiable. Pour Trackhouse, c’est l’opportunité de transformer l’essai et de s’installer durablement comme un acteur majeur du MotoGP.
Si la première phase du projet Trackhouse a été celle de la découverte et de l’apprentissage, la prolongation de son contrat avec Aprilia ouvre désormais un chapitre plus ambitieux. L’équipe américaine ne veut plus suivre le train du MotoGP. Elle veut en être l’un des moteurs.
Et cette fois, c’est une certitude : Trackhouse est bien là pour rester.