MotoGP 2025 : Joan Mir lucide, Honda progresse mais reste loin de Ducati

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par Lucas Moretti

Depuis le début de la saison 2025, le paddock MotoGP vit au rythme d’un duel faussement ouvert. D’un côté, Ducati, écrasante de régularité et d’efficacité. De l’autre, Honda, décidé à reconstruire mais encore distancé. À l’issue des essais hivernaux de Sepang, Joan Mir ne s’est pas caché derrière des discours rassurants : la RC213V progresse, mais l’écart reste abyssal face à la GP26.

Joan Mir lucide : plus rapides, mais pas encore menaçants

L’hiver 2024-2025 n’a pas suffi à effacer les séquelles d’une saison noire pour Honda. Certes, la RC213V version 2026 montre des signes encourageants. Meilleur feeling, plus grande stabilité à l’entrée de courbe, paquet aérodynamique peaufiné… Joan Mir le reconnaît : il se sent désormais plus à l’aise dans ses relais longs.

Mais face à la cavalerie Ducati, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Dans ses propres mots, rapportés par Speedweek et les médias présents à Sepang : « J’ai roulé en 1’58 lors de la majorité de mon relai long, et j’ai fini en 1’59. Ce n’est pas mauvais, mais Alex [Márquez] tourne régulier en 1’57. Et ça, c’est une autre planète. »

Le message est limpide : Honda a progressé, mais Ducati a aussi élevé son niveau de jeu. Là où le constructeur japonais espérait combler l’écart en franchissant un cap, il se rend compte que l’objectif s’est déplacé, encore.

Ducati impose son tempo, Honda court après l’objectif

À Sepang, les simulations Sprint ont servi de révélateur. Les Ducati GP26 enchaînent les tours canons. Alex Márquez descend sous les 1’57, ce qui semble inatteignable pour Mir sur la Honda actuelle : « Je pourrais le faire… mais au tour suivant, c’est un 2’01. Trop de stress sur le pneu arrière. »

Une réponse mi-sérieuse, mi-amère, qui pointe une différence fondamentale : la capacité des Ducati à rouler très vite sans exploser la gomme. Cet équilibre parfait, Honda ne le maîtrise pas encore.

La déclaration du champion 2020 résume d’ailleurs parfaitement la situation : « Ils ont fait un pas en avant, il faut qu’on en fasse trois. »

Luca Marini conforte l’analyse de Mir : Honda sur la bonne voie, mais lente

Dans l’autre partie du box HRC, Luca Marini partage cette vision. Pour le pilote italien, engagé dans une opération séduction depuis son arrivée chez Honda, les efforts sont visibles. Mais encore insuffisants : « On a progressé, mais tous les autres aussi. L’écart reste le même qu’au Grand Prix ici. Il faut qu’on continue de bosser. »

Marini souligne d’ailleurs les améliorations déjà palpables : meilleure entrée de courbe, stabilité accrue, feeling plus précis. Des qualités indispensables, mais qui ne suffisent pas encore, sur une grille où 0,5 seconde par tour change tout.

Prochaine étape stratégique pour Honda : les essais de Buriram, en Thaïlande. Ce sera l’occasion de tester de nouvelles pièces et d’optimiser la RC213V pour la première course de la saison au Qatar.

Honda sous pression, Ducati en contrôle : quel horizon pour 2025 ?

Mir, fidèle à sa réputation de bosseur méthodique, prend acte. Il veut croire que HRC pourra envoyer des évolutions rapides. Mais les attentes doivent rester réalistes : l’objectif 2025 est moins de gagner que de redevenir compétitifs.

Le contraste avec Ducati est criant. Là où les Rouges dominent, Honda apprend encore à marcher… avec des pointes de vitesse prometteuses, mais trop ponctuelles. Et dans un MotoGP où les progrès des uns accentuent les lacunes des autres, l’urgence monte.

Mir le reconnait : « Si la course était demain, je pourrais jouer un top 5 ou top 4. Pas mieux. » Une ambition mesurée, pour un pilote champion du monde qui rêve de rejouer les premiers rôles.

Le chantier est immense pour Honda, et la bataille de la fiabilité et de l’endurance technologique ne fait que commencer. Et pendant que la RC213V évolue petit à petit, les GP26 s’éloignent… en pleine attaque.

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