Lors de la dernière journée d’essais MotoGP 2025 à Sepang, les pilotes ont eu l’occasion de se mesurer en conditions quasi réelles de course. Grâce aux simulations de sprint, un premier aperçu concret de la hiérarchie s’est dessiné, et un pilote en particulier a marqué les esprits : Álex Márquez.
Álex Márquez frappe fort : un signal clair avant la saison 2026
Sur un circuit qu’il connaît parfaitement, Álex Márquez (Gresini Racing) a signé le rythme de course le plus convaincant lors des simulations de sprint. Enchaînant les tours à un niveau remarquable, l’Espagnol a même décroché le meilleur chrono absolu de la semaine en 1’56’’402. Si les essais hivernaux ne prédisent pas toujours la suite, ce premier galop d’essai a valeur de véritable déclaration d’intention pour la saison MotoGP 2026.
Mais ce qui impressionne le plus, ce n’est pas seulement le tour lancé. C’est surtout la constance de Márquez sur une série de dix tours — imitation parfaite d’un Sprint du samedi — qui l’a propulsé en haut des feuilles de temps. Avec cinq tours sous les 1’57 et une moyenne de 1’58’’127, Álex a démontré non seulement de la vitesse, mais aussi une capacité à gérer pneus et rythme sur la durée.
Dans les propos rapportés par la dorna, le #73 reste pourtant lucide : « J’ai peut-être été un peu trop agressif au début. J’ai fait plusieurs petites erreurs et une grosse dans le virage 1. Mais je me suis senti très bien sur la moto et j’ai pu attaquer jusqu’au bout. » Clairement, la Ducati GP26 semble convenir à son style de pilotage.
Bagnaia, Márquez, Martin… Des Ducati conquérantes malgré les écarts
Le carton plein de Ducati n’est pas une surprise, mais la manière interpelle. Le vice-champion du monde Pecco Bagnaia a lui aussi réalisé une simulation solide, malgré des difficultés en fin de run. Avec lui aussi cinq tours en 1’57 et une moyenne légèrement inférieure à celle de son homonyme, 1’58’’166, Bagnaia a surtout testé ses limites dans des conditions particulièrement chaudes.
« On voulait vraiment pousser la moto dans les pires conditions, et au final j’étais quand même satisfait. Le pneu avant a commencé à glisser dans les trois derniers tours, il faut qu’on analyse pourquoi », confiait-il via le communiqué Ducati Corse.
Marc Márquez, récemment titré champion du monde, complète ce trio de tête. Moins incisif en début de série, il a confirmé son statut avec une gestion impeccable de son rythme. En signant une moyenne de 1’58’’289 sans grosse baisse de performance, le pilote officiel Ducati montre qu’il faudra toujours compter sur lui lorsqu’il s’agit de jouer stratégique.
« Je termine fort, je me suis senti bien dans les derniers tours – c’est ce qu’on cherchait. Pas explosif, mais efficace. », déclarait Márquez dans une interview relayée par MotoGP.com.
Au-delà du chrono : la Ducati GP26 confirme son accessibilité
Ce test à Sepang fait apparaître un constat clair : la Ducati GP26 est non seulement rapide sur le tour lancé mais aussi redoutable sur la durée. Déployée chez quatre pilotes différents, elle permet des performances constantes malgré des styles de pilotage divergents — preuve de sa polyvalence.
Ce qui peut paraître anodin en février prend tout son sens dans le contexte actuel du MotoGP. Avec l’allègement progressif des aides électroniques et les contraintes aérodynamiques redéfinies pour 2026, disposer d’un package moteur-châssis équilibré sera clé. Les premiers tours sur le tarmac malaisien montrent que Ducati semble déjà prête pour ce virage technologique.
Évidemment, il reste encore une part d’inconnue. Chaque équipe a testé des combinaisons différentes de pneumatiques, de carburant et de configuration moteur. Mais les données brutes des longs runs suggèrent que Ducati conserve une longueur d’avance. Pour les rivales comme KTM, Aprilia ou Yamaha, le compte à rebours est lancé.
Et maintenant ?
À moins de deux mois du premier Grand Prix au Qatar, ces simulations sprint de Sepang valent bien plus que de simples exercices de style. Elles sont le premier révélateur d’un championnat toujours plus serré, où chaque détail fait la différence. Álex Márquez a peut-être signé une simple « victoire symbolique » en Malaisie, mais c’est un signal envoyé aux ténors de la grille : il faudra le compter parmi les prétendants en 2026.
Et à l’évidence, il faudra, une fois encore, parler italien pour viser la couronne mondiale.