MotoGP 2025 : Quartararo tire la sonnette d’alarme, Yamaha stagne malgré le V4

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par Lucas Moretti

Le premier jour des essais MotoGP 2025 à Sepang a tourné court pour Fabio Quartararo, grièvement blessé après une lourde chute. Mais sa frustration est moins liée à sa blessure qu’à la stagnation de Yamaha, toujours à la peine face à une concurrence mordante.

Un début de saison sous haute tension pour Yamaha

Ce 3 février 2025 marquait l’ouverture des essais MotoGP à Sepang, en Malaisie. Un test crucial pour les écuries qui doivent valider leurs évolutions techniques avant le démarrage de la saison officielle en Thaïlande fin février. Mais pour Yamaha, la journée a viré au calvaire. Fabio Quartararo, pilier de la marque japonaise, a lourdement chuté dès le premier roulage. Bilan : un bras abîmé, un doigt cassé et l’arrêt immédiat de sa participation aux essais de Sepang.

Malgré tout, le Niçois a tenu à s’exprimer sans détour devant les médias. Et ses mots sont pour le moins inquiétants pour l’état actuel de Yamaha : « Je ne peux pas dire que je suis confiant parce qu’on voit à quel point on souffre […] On sait qu’on n’est pas super rapides, mais on doit l’accepter », a-t-il confié à l’issue de la journée (source : conférence de presse officielle Yamaha, 3 février 2025).

Le passage au V4 ne suffit pas à inverser la tendance

C’est la grande nouveauté 2025 pour Yamaha : l’abandon du traditionnel quatre cylindres en ligne, signature historique de la M1, au profit d’un bloc V4 pour tenter de rivaliser avec Ducati, KTM ou Aprilia. Mais selon Quartararo, les résultats sont loin des attentes. Il pointe du doigt une moto qui « peine toujours en courbe », souffre d’une insuffisante « motricité, adhérence et électronique » et dont « la vitesse de pointe reste trop faible » face aux concurrentes. Autrement dit, la M1 V4 est encore très loin du niveau nécessaire pour jouer aux avant-postes.

Certes, les ingénieurs Yamaha ont apporté des améliorations, notamment sur la phase de freinage : la moto se stabilise mieux et ne lève plus l’arrière. Mais comme le résume Quartararo avec amertume : « La seule chose qu’on a gagnée, c’est qu’on arrive à s’arrêter plus facilement […] Ensuite, il n’y a pas grand-chose de mieux. »

Pire encore, le pilote français évoque même une perte : « On n’a pas gagné grand-chose comparé à la moto de l’année dernière. Mais on a surtout perdu. » Des propos forts qui témoignent de son exaspération, surtout face aux progrès fulgurants des références actuelles comme Ducati et KTM, intouchables en termes de vitesse et d’agilité dès les premiers tours de piste.

Un fossé qui se creuse avec la concurrence

Derrière ces critiques se profile un mal plus profond : Yamaha semble accuser un incontestable retard technologique en MotoGP. L’ère hybride entamée par Ducati – mêlant puissance brute, fine gestion électronique et aérodynamique poussée – ne peut être ignorée. Et malgré toute la bonne volonté de Quartararo, la mécanique japonaise ne semble pas suivre le rythme.

Avec le V4, Yamaha cherchait à remettre les pendules à l’heure, mais l’ensemble du package – moteur, châssis, électronique et grip – reste fragile. De quoi remettre en question la stratégie de développement, derrière laquelle on retrouve notamment le nouveau directeur technique Max Bartolini, arrivé l’an dernier de chez Ducati. Ses premières orientations ne portent pas encore leurs fruits.

Alors que les autres constructeurs enchaînent les tours rapides et peaufinent déjà leurs settings de course, Yamaha reste engluée dans une spirale négative. La question se pose : combien de temps Fabio Quartararo pourra-t-il encore supporter cette stagnation ? Lui qui avait déjà exprimé des doutes en fin de saison 2024 pourrait bien ne plus cacher son impatience longtemps.

Quel avenir pour Yamaha et Quartararo en 2025 ?

À l’aube d’une saison où la moindre seconde comptera, Yamaha joue gros. Les progrès observés restent anecdotiques alors même que leurs principaux adversaires franchissent un cap à chaque session. Quartararo, blessé mais lucide, envoie déjà un message clair : l’heure n’est plus à la stagnation mais à une révolution technique et stratégique pour recoller au peloton de tête.

Seule consolation : il reste encore du temps avant le premier Grand Prix en Thaïlande et surtout les prochains essais à Mandalika, courant février, où Yamaha devra impérativement montrer autre chose. La balle est dans le camp des ingénieurs japonais.

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