En 2025, alors que le MotoGP continue d’explorer de nouvelles pistes pour élargir son audience mondiale, Carmelo Ezpeleta, le PDG de Dorna Sports, a secoué la sphère du sport mécanique en évoquant une idée empruntée à la Formule 1 : organiser des courses sur des circuits urbains. Une option qui agite les passionnés et relance le débat sur la sécurité, l’ADN du MotoGP et l’avenir du championnat.
Un concept inspiré de la F1… mais pas sans conditions
Interrogé récemment par les médias (source : Motorsport.Nextgen), Carmelo Ezpeleta a déclaré : “Nous n’avons aucun problème à courir sur des circuits urbains. Nous avons juste besoin de zones de dégagement suffisantes, ce qui est difficile à Las Vegas. Mais il existe certainement des circuits urbains de Formule 1 que nous pourrions utiliser. La sécurité est notre priorité absolue.”
Le patron du MotoGP pose donc un cadre clair : ouverture à l’idée, oui, mais jamais au détriment de la sécurité des pilotes. Depuis que Dorna gère le championnat (depuis 1992), la sécurité reste l’axe central de sa politique. Contrairement à une F1 protégée par sa cellule de survie et ses énormes infrastructures de sécurité, une MotoGP reste bien plus vulnérable. L’environnement urbain, souvent étroit et sans véritables zones de dégagement, constitue donc un casse-tête technique et logistique pour accueillir une course de motos à pleine vitesse.
Mais les exemples de la F1 – avec les succès médiatiques de Singapour, Miami ou encore Las Vegas – montrent qu’un format urbain peut transformer une épreuve en véritable événement planétaire. Le MotoGP pourrait-il surfer sur cette vague pour accroître sa visibilité à l’international ?
Quels circuits urbains pour le MotoGP ? Le défi de l’adaptation
Las Vegas, Djeddah, Singapour… Ces tracés urbains emblématiques de la Formule 1 font rêver, mais semblent encore à des années-lumière d’un projet réalisable pour le deux-roues. Carmelo Ezpeleta le reconnait : aucun projet n’est en cours, mais des discussions sont ouvertes. La compatibilité entre un circuit urbain F1 et une course de MotoGP est conditionnée avant tout par la présence de bacs à graviers, d’échappatoires suffisantes et d’un revêtement adapté à l’adhérence moto.
Actuellement, le championnat MotoGP partage déjà 5 circuits permanents avec la F1 : Losail (Qatar), Austin (USA), Silverstone (Royaume-Uni), Barcelone (Espagne) et le Red Bull Ring (Autriche). Ces derniers remplissent les critères imposés par la FIM (Fédération Internationale de Motocyclisme), mais un circuit urbain, avec ses contraintes de voirie, d’aménagement temporaire et de logistique, impose tout autre niveau d’exigence.
La venue de Liberty Media à la tête du MotoGP dès 2026 pourrait accélérer les discussions. Déjà propriétaire de la F1, le groupe américain pourrait jouer un rôle pivot vers une convergence de certains événements, avec à terme la possibilité – très théorique encore – de week-ends de course communs F1/MotoGP. Le potentiel marketing est énorme, mais les enjeux techniques également.
Enjeux stratégiques : cap sur de nouveaux marchés
En envisageant les circuits urbains, le MotoGP pourrait s’ouvrir à de nouveaux marchés, notamment en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, où l’impact d’événements urbains est démultiplié par l’environnement citadin et festif. Cela s’inscrit dans la volonté de Dorna d’internationaliser davantage le championnat, comme l’a démontré l’arrivée de l’Inde et du Kazakhstan dans le calendrier 2024.
Mais la mue vers un MotoGP “urbain” pourrait reporter les débats sur la nature même de ce sport : peut-on transposer l’esprit spectaculaire et brut de la course moto dans un décor urbain sans en dénaturer l’essence ? Les fans chercheront du pur pilotage, de la vitesse et du frisson – des éléments parfois atténués sur les circuits temporaires et serrés.
À ce jour, aucune course en ville n’est actée ni même en négociation avancée, mais l’idée est lancée, et elle pourrait bien faire son chemin dans les années à venir.