À l’approche du Grand Prix de Valence 2025, Nicolò Bulega, remplaçant temporaire de Marc Marquez chez Gresini Racing, adopte un ton réaliste sur ses débuts en MotoGP. Entre adaptation exigeante et apprentissage express, le jeune Italien joue la transparence. Décryptage d’une transition stratégique entre Superbike et catégorie reine.
Une entrée timide mais encourageante en MotoGP
Propulsé dans la cour des grands après les forfaits répétés de Marc Marquez, Nicolò Bulega découvre à vitesse grand V la complexité du MotoGP. Issu du championnat WorldSBK où il a signé une saison 2024 exceptionnelle sur la Ducati Panigale V4R en catégorie Supersport, l’Italien a fait ses débuts en MotoGP à Portimão. Verdict : une 15e place modeste, mais riche en enseignements techniques et physiques.
« Je pense avoir fait une course plutôt correcte surtout dans la dernière partie, où j’ai réalisé quelques tours intéressants. Je vais essayer de capitaliser sur ces sensations pour progresser » a-t-il déclaré sur Sky Sports. Un discours lucide, loin des effets d’annonce, confirmant que le pilote mise sur la régularité et la compréhension technique plutôt que sur des coups d’éclat.
Du WSBK au MotoGP : un saut technologique colossal
De l’avis de Bulega, la transition entre Superbike et MotoGP est tout sauf anodine. Malgré d’excellentes sensations en WSBK, l’Italien admet que la marge de progression en MotoGP reste immense. « J’ai d’excellentes sensations là-bas, je peux presque tout faire. Aujourd’hui, je pilote beaucoup mieux la Superbike que la MotoGP. Tant qu’on ne l’exploite pas à 100 %, on ne peut pas vraiment s’amuser, aussi performante soit-elle », a-t-il lucidement expliqué toujours au micro de Sky Sports.
Cette déclaration en dit long sur le gouffre technologique qui sépare les deux disciplines : gestion avancée de l’électronique, contraintes aérodynamiques, pneus Michelin ultra sensibles et stratégie de course, tout change radicalement. Même sur une Ducati qu’il connaît bien en WSBK, Bulega découvre un monde où chaque paramètre doit être maîtrisé au millimètre.
Un contexte complexe chez Gresini
L’arrivée de Nicolò Bulega chez Gresini Racing s’inscrit dans un contexte particulier. Le remplacement temporaire de Marc Marquez, en délicatesse physique et dont la prochaine saison avec Ducati officielle fait déjà couler beaucoup d’encre, crée une pression implicite. L’objectif n’est pas de jouer le podium, mais bien de s’aguerrir dans des conditions réelles avec une Desmosedici GP23 déjà paramétrée selon les exigences du multiple champion du monde.
Si Bulega parvient à montrer des signes de progression à Valence, notamment dans la gestion des phases d’accélération et de freinage — deux points cruciaux du pilotage MotoGP — il pourrait gagner des points précieux pour son avenir. Ducati observe de très près la performance de ses pilotes satellites, dans une optique de succession intelligente aux postes clés dans les années à venir.
Quel avenir pour Bulega en MotoGP ?
Avec cette pige ponctuelle, Nicolò Bulega a une occasion unique de prouver qu’il peut s’adapter au plus haut niveau. En 2025, rares sont les pilotes du WSBK ayant réussi à s’imposer durablement en MotoGP — une transition qui reste l’exception plus que la norme. Pourtant, à l’image de Toprak Razgatlıoğlu qui a longtemps nourri les convoitises du paddock MotoGP, l’idée refait surface à chaque intersaison.
Bulega, en gardant les pieds sur terre, envoie le message qu’il est là pour comprendre, apprendre… et gagner en crédit aux yeux des teams. Si Valence 2025 lui permet de se rapprocher du top 10 ou de montrer une progression tangible, les projecteurs pourraient se braquer sur lui bien plus vite qu’il ne l’imagine.
En attendant, c’est avec humilité et détermination que le jeune pilote s’avance vers le dernier Grand Prix de la saison. Et dans un climat aussi tendu qu’incertain, cette lucidité pourrait devenir sa meilleure arme.