Malgré un départ prometteur lors de la Sprint à Aragon, Fabio Quartararo a vu ses espoirs s’effriter en raison d’un phénomène de chattering sur sa Yamaha. Une nouvelle déconvenue qui soulève des questions sur la compétitivité de Yamaha cette saison.
Un bon départ gâché par des problèmes techniques
Sur le circuit d’Aragon, Fabio Quartararo avait pourtant bien commencé. Après des qualifications tendues où il est passé par la Q1 pour finalement signer un 9e temps in-extremis en Q2, le pilote Yamaha a surpris par sa vélocité dans les premiers tours de la Sprint. “Sincèrement, je ne m’attendais pas à aller aussi bien dans les premiers tours”, confiait-il à Canal+ après la course.
Ce regain de performance en début de course a été rapidement étouffé par un phénomène bien connu des ingénieurs mais difficile à éradiquer : le chattering. Concrètement, il s’agit de vibrations irrégulières survenant généralement sur le train arrière, qui affectent le grip et la stabilité en courbe. Quartararo ajoute : “On a eu énormément de chattering sur l’arrière dès le deuxième tour, on n’a pas compris pourquoi.”
Malgré une amélioration notable du comportement de la Yamaha — notamment par rapport aux séances de qualifications — le Français a peiné à garder un rythme compétitif. Ce manque de constance sape une fois de plus ses chances de viser les premières places, malgré des phases où le potentiel est perceptible.
Un choix de pneu stratégique pour la course principale
Avec un pneu arrière soft inadapté aux contraintes d’Aragon samedi, Quartararo espère se relancer dimanche en optant pour une gomme medium. Un choix tactique partagé par Johann Zarco, qui pourrait permettre une meilleure stabilité et un rythme plus constant sur la durée. «Je pense qu’avec le medium demain ça devrait aller mieux. […] Faire entre 7e et 10e serait un bon résultat», confie Fabio à GP-Inside.
Ce réalisme est symptomatique du contexte actuel chez Yamaha. Loin de la domination de 2021, l’écurie japonaise connaît une période de transition douloureuse où la moto peine à suivre l’évolution agressive de ses rivales européennes, notamment KTM et Aprilia. Sur un tracé comme Aragon, qui exige une excellente motricité en sortie de virage, cette limite devient un handicap majeur.
Quartararo, connu pour son pilotage fluide et précis, tente de s’adapter à une machine qui ne semble pas encore à la hauteur du niveau MotoGP actuel. Son analyse lucide après la course montre une volonté de tirer le meilleur des ressources disponibles, mais la mécanique plafonne là où le pilote voudrait appuyer.
Un avenir incertain mais une motivation intacte
Dans ce contexte, la Sprint d’Aragon s’ajoute à une saison en dents de scie pour le clan Yamaha et pour le Champion du monde 2021. Si le nombre de points glanés reste insuffisant pour jouer les avant-postes, Quartararo conserve une approche combative : améliorer séance après séance le feeling avec la moto, s’adapter aux circonstances et viser des top 10 réalistes.
Dimanche à 14h, il aura l’occasion de concrétiser cette stratégie. Les fans, bien conscients des difficultés rencontrées, espèrent malgré tout un sursaut dès la course principale. En attendant une évolution technique majeure chez Yamaha, seuls l’endurance et l’intelligence de course peuvent permettre à Quartararo de rester dans le match face à une concurrence affûtée.
Verdict cet après-midi sur le circuit d’Aragon. Les KTM sont dans le coup, les Ducati rôdent, mais Fabio Quartararo n’a pas dit son dernier mot.