Après une saison 2025 décevante, Brad Binder dresse un constat sans concession sur ses performances. L’expérimenté pilote sud-africain termine loin de ses standards habituels chez KTM, relégué à la 11e position du classement général et éclipsé par la jeune étoile montante Pedro Acosta.
Une désillusion nommée 2025 : Binder relégué au second plan
Entre 2021 et 2024, Brad Binder incarnait la stabilité et la performance chez KTM. Régulièrement dans le Top 6, toujours le mieux classé de l’écurie autrichienne, il était le fer de lance du projet MotoGP de la marque de Mattighofen. Mais en 2025, tout a changé. Le Sud-Africain termine la saison 11e du classement général, sans le moindre podium à son actif – une première depuis ses débuts en MotoGP en 2020.
Une performance qui fait désordre chez KTM, surtout quand on compare cette trajectoire à celle de Pedro Acosta. Le jeune Espagnol, rookie en 2024 et deuxième pilote KTM Tech3, a impressionné toute la grille cette année, concluant la saison à la quatrième place du championnat et s’imposant clairement comme le nouveau leader du programme KTM en catégorie reine.
Conscient de sa contre-performance, Binder n’a pas mâché ses mots : “Ça a clairement été ma pire saison depuis que je suis en MotoGP. Je suis un peu déçu parce que je voulais faire beaucoup mieux, je m’attendais à plus de ma part”, décline-t-il dans une déclaration relayée par Motorsport.com. Son honnêteté tranche avec le pilotage difficile qu’il a dû adopter cette saison, s’éloignant de son style naturel.
Une RC16 trop délicate pour son pilotage agressif
Si les résultats ne sont pas là, la faute incombe selon Binder à une machine qui s’éloigne de ses préférences de pilotage. Contrairement aux années précédentes, où la RC16 se montrait compatible avec son approche directe, 2025 a vu cette même moto évoluer vers des caractéristiques techniques qui ne l’avantagent pas.
Le pilote sud-africain s’explique : “Être super, super doux et calme sur l’avant, calme sur l’arrière, ce n’est pas ma façon de faire. Quand j’essaie, je ne tire pas le meilleur de la moto”, admet-il. Cette déclaration en dit long sur la direction technique prise par KTM, qui semble désormais orientée vers un pilotage plus fluide, plus posé — exactement ce qu’incarne Pedro Acosta, avec son style à la fois agressif mais fin.
Le manque de grip à l’arrière et les difficultés à placer un bon tour en qualification ont également freiné Binder : “C’est ce qui a rendu les courses difficiles”, ajoute-t-il. Et c’est là un point capital : Binder partant souvent en retrait sur la grille, la remontée vers le peloton de tête devenait quasi mission impossible avec une moto difficile à exploiter en paquet.
Quels enjeux pour KTM en 2026 ?
Cette saison en demi-teinte de Brad Binder ne marque pas seulement un passage à vide personnel : elle rebat aussi les cartes à l’intérieur de KTM. En 2025, Pedro Acosta a brillé et semble prêt à s’imposer comme le pivot du projet MotoGP du constructeur. S’il poursuit sa progression, KTM pourrait miser sur lui à moyen terme pour viser le titre mondial, de pair avec le développement d’une RC16 fine et agile.
Pour Binder, l’intersaison 2025-2026 sera cruciale. Le pilote n’a pas caché son intention de revenir plus fort : “Je vais employer cette intersaison de manière intelligente et faire en sorte de revenir en force. Je sens que je peux faire beaucoup mieux.” Pour cela, il faudra qu’il trouve un compromis entre son style incisif et les exigences techniques actuelles de la RC16.
Avec un contrat courant jusqu’en 2026, Binder a encore son avenir entre ses mains. À lui de transformer cette déception en rebond, car chez KTM, la concurrence interne n’a jamais été aussi féroce. Et la saison 2026 s’annonce déjà décisive.