La saison MotoGP 2025 vient de s’achever, et chez VR46 Racing Team, l’ambiance est loin d’être à la fête. Malgré une machine d’usine fournie par Ducati, les résultats de l’écurie n’ont pas aligné avec les attentes ambitieuses fixées en début de championnat. Alors que la grille tourne déjà son regard vers 2026, la structure montée par Valentino Rossi exprime une préoccupation grandissante : celle de la constance et de la capacité à performer face à une concurrence toujours plus affûtée.
Des résultats décevants malgré le potentiel technique
Fabio Di Giannantonio, sur une Desmosedici GP25, était censé capitaliser sur une machine ultra-compétitive. Pourtant, avec une sixième place finale au championnat, et seulement sept Top 5 en 21 manches, le pilote italien n’a pas tenu toutes ses promesses. Alex Márquez, sur une moto 2024, a marqué deux fois plus de points… Un signal d’alarme, surtout lorsque la logique voudrait que les montures les plus récentes écrasent la concurrence.
Di Giannantonio a exprimé ses frustrations lors d’un entretien relayé par Motorsport.com. « Notre moto n’a pas été le moins du monde constante cette année. Certaines pièces fonctionnaient très bien, d’autres beaucoup moins. Le défi est là : comprendre ce qui nous fait basculer dans l’incompréhension technique. » Ce déficit de régularité tracasse particulièrement l’équipe technique, qui cherche à élucider cet écart entre la performance pure et la consistance en course.
Une saison inconstante, des inquiétudes pour l’avenir
Côté management, Pablo Nieto – team manager expérimenté de la VR46 – adopte un ton lucide mais résolument tourné vers l’avenir. Malgré un podium décroché sur la dernière épreuve, c’est l’ensemble de la saison qui interpelle. « Quand on aborde l’hiver comme ça, en étant sur le podium, ça veut dire qu’on est vraiment bon, en feu, dans l’optique de la prochaine séance en Malaisie », souligne-t-il.
Mais le message est clair : 2026 ne tolérera pas une saison aussi irrégulière. Nieto insiste : « Il faut comprendre pourquoi cette saison on frappait à la porte du top 3 sur un circuit, et qu’on se retrouvait hors du top 10 le week-end suivant. Le manque de constance est notre principal talon d’Achille. »
Cette variabilité de performance n’est pas seulement une question de machine. Elle reflète aussi la difficulté de l’équipe à maximiser les données de piste, ajuster les réglages et accompagner les pilotes dans la prise de confiance. Une fissure stratégique dans un championnat où l’enjeu du moindre point est crucial pour les ambitions constructeur.
Vers une réorganisation technique pour 2026 ?
Avec des changements règlementaires à l’horizon 2027, chaque saison devient une vraie répétition générale. VR46, partenaire satellite de Ducati, pourrait réfléchir à adapter sa méthode de travail. Faut-il intégrer davantage de ressources internes pour le développement ? Mieux harmoniser les retours pilotes avec ceux de Borgo Panigale ? Ou tout simplement stabiliser ses choix techniques entre chaque Grand Prix ?
Une chose est sûre : Franco Morbidelli et Fabio Di Giannantonio auront besoin d’un environnement plus cohérent pour révéler tout leur potentiel. Et avec des talents jeunes qui frappent déjà à la porte de la catégorie reine (on pense à Fermin Aldeguer ou Pedro Acosta déjà flamboyants), le risque de se faire dépasser dans la hiérarchie MotoGP est bien réel.
Une intersaison capitale pour VR46
L’hiver 2025-2026 s’annonce stratégique. Tests en Malaisie, travail de fond sur la télémétrie, décisions techniques à affiner avec Ducati : VR46 n’aura pas le droit à l’erreur. L’objectif est clair : retrouver de la constance, rester dans le cercle très fermé des meilleurs teams indépendants, et pourquoi pas viser les premières lignes de la grille 2026.
C’est un véritable moment charnière pour une équipe qui porte l’héritage de Valentino Rossi. Si 2025 a souligné ses limites, 2026 pourrait bien être le tournant décisif : celui d’une maturation, ou celui d’une stagnation. Et dans un MotoGP ultra-compétitif, aucune place n’est acquise.