Depuis l’annonce du rachat de Dorna Sports par Liberty Media à l’été 2024, les fans de MotoGP s’interrogent : la discipline va-t-elle suivre les pas de la Formule 1, en introduisant des Grands Prix en circuit urbain ? L’idée n’est plus un fantasme. Si la sécurité reste une priorité absolue, les ambitions d’expansion sont bien réelles.
Le virage Liberty Media : cap sur de nouveaux horizons urbains
Avec Liberty Media désormais aux commandes du MotoGP, les signaux d’un changement stratégique commencent à apparaître. Le groupe américain, déjà propriétaire de la Formule 1 depuis 2017, a su transformer son image et conquérir un public plus large en multipliant les innovations : formats Sprint, contenus numériques immersifs, et surtout… des courses en ville au cœur de mégapoles mondiales comme Miami ou Las Vegas.
L’arrivée de Liberty Media dans le monde du motocyclisme pourrait donc impulser une dynamique similaire. Carmelo Ezpeleta, PDG de Dorna Sports, était récemment en visite lors du Grand Prix F1 de Las Vegas. Interrogé par DAZN (source : DAZN Espagne), il a expliqué : « Nous n’avons aucun problème à rouler en ville. La seule chose, c’est que nous avons besoin de dégagements, et à Las Vegas, c’est difficile d’en avoir. Mais il y a quelques circuits urbains en F1 que nous pourrions utiliser.« .
Voilà qui pose les bases. Une collaboration étroite entre Dorna Sports et Liberty Media pourrait bien faire naître des projets ambitieux pour le MotoGP : des courses dans des capitales mondiales, avec des décors spectaculaires et un accès au grand public facilité.
Feu vert ou frein à main ? L’impératif sécuritaire des circuits urbains
Toute ambition a son revers, et le principal obstacle pour le MotoGP reste bien sûr la sécurité. Contrairement à la F1, où les bolides sont mieux protégés par leur carrosserie et leur halo, les pilotes MotoGP évoluent à découvert. À plus de 350 km/h, l’absence de zones de dégagement suffisantes en ville rend les incidents potentiellement dramatiques.
Comme l’a rappelé Ezpeleta, la MotoGP ne transigera pas sur ses standards de sécurité : « Depuis que nous avons repris l’organisation du championnat en 1992, c’est notre engagement envers les pilotes, et nous ne baisserons pas la garde » (source : DAZN). C’est pourquoi aucune implémentation de circuits 100% urbains n’est prévue à court terme. Néanmoins, certains circuits semi-urbains – comme le Marina Bay à Singapour ou Bakou en Azerbaïdjan – pourraient potentiellement être adaptés pour répondre aux critères de sécurité du deux-roues.
Par ailleurs, les évolutions techniques en matière de protection des pilotes et de gestion des chocs pourraient ouvrir la voie à des compromis technologiques. Envisager des dispositifs de sécurité mobiles ou des zones de ralentissement temporaire pour les Grand Prix urbains n’est plus utopique.
Quels enjeux pour le MotoGP sur le long terme ?
L’intérêt d’investir les villes n’est pas simplement esthétique ou médiatique. C’est une stratégie d’expansion ambitieuse visant à :
- Séduire un public plus jeune et urbain : à l’image de la F1, la MotoGP cherche à capter une audience plus connectée, avide de spectacle et de proximité avec ses champions.
- Dynamiser les revenus : droits télévisés, hospitalités, expériences VIP en centre-ville… les circuits urbains génèrent un potentiel économique colossal.
- Renforcer la visibilité globale : intégrer les skylines de métropoles mondiales (New York, Tokyo, Dubaï) dans des contenus MotoGP, c’est garantir une exposition planétaire sur les réseaux sociaux.
Mais attention à ne pas rétrograder sur l’ADN du championnat. Un bon équilibre entre circuits traditionnels (Mugello, Phillip Island, Assen) et nouveautés pourrait être la clé d’un avenir durable.
La ville, prochain théâtre du MotoGP ?
En 2025, la question n’est plus « est-ce possible ? », mais « quand et comment ? ». Si Rome ne s’est pas construite en un jour, Liberty Media pourrait très bien enclencher un profond changement structurel pour le MotoGP dans les années à venir. Les fans doivent néanmoins s’armer de patience : avant de vivre un GP de nuit au cœur de Singapour ou un sprint urbain dans les rues de Tokyo, il faudra surmonter de nombreux défis techniques et logistiques.
Mais l’appétit est là. Et à l’image d’un virage audacieux pris à plein angle, il pourrait offrir à la discipline une nouvelle dose d’adrénaline – et attirer une génération entière de nouveaux passionnés.