Alors que les circuits MotoGP se modernisent à vitesse grand V, une innovation prévue pour la saison 2026 divise : le système de communication radio entre les stands et les pilotes. Et s’il y en a un qui n’a pas mâché ses mots à ce sujet, c’est bien Johann Zarco. Le pilote français, passé chez LCR Honda depuis 2024, a de nouveau critiqué avec virulence le dispositif testé cette saison lors des séances officielles. Focus sur un dossier technique et stratégique brûlant.
Zarco tire à boulets rouges sur le système radio
Depuis le début de la saison 2025, la Dorna et la FIM expérimentent un système de communication radio simplifiée. L’objectif ? Permettre aux équipes de transmettre des instructions vocales de base aux pilotes — annonces de drapeaux, incidents sur la piste ou stratégies urgentes — le tout de manière standardisée, via un haut-parleur à conduction osseuse, intégré dans le casque. Mais pour Johann Zarco, ce dispositif est tout sauf abouti.
Interrogé à Valence après la journée de tests post-saison 2025, où il a longuement roulé avec le prototype 2026 de la Honda RC213V, le Français a fustigé la qualité sonore du système. « Ça grésillait énormément. Dès qu’on essayait de faire passer un message, il n’y avait que des grésillements », a-t-il déclaré dans une interview rapportée par Motorsport.com. Et d’ajouter : « On dirait qu’on essaye de capter une radio FM dans les années 90. C’est insensé. »
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Zarco exprime son hostilité. Déjà en juin dernier, lors des tests à Aragón, il s’était montré très critique. Ce retour en force de son opinion démontre que les évolutions du système n’ont manifestement pas répondu à ses attentes — ni sur le plan technique, ni sur l’expérience utilisateur.
Une technologie divisée mais stratégique pour la MotoGP
Si certaines voix parmi les pilotes s’élèvent contre, d’autres observent avec plus de pragmatisme l’arrivée potentielle de ce système à partir de la saison 2026. La communication en course est depuis toujours un défi en MotoGP : les panneaux de stand sont limités et les décisions doivent être prises à la fraction de seconde près. Dans ce contexte, une liaison audio directe pourrait représenter un réel progrès en matière de sécurité et de stratégie.
Cependant, tout dépendra de la capacité des ingénieurs à perfectionner le dispositif. Actuellement, la technologie testée s’appuie sur un haut-parleur à conduction osseuse — qui évite les oreillettes intra-auriculaires interdites pour des raisons de sécurité — mais les premiers retours (Zarco n’étant pas le seul à émettre des doutes) mettent en lumière des problèmes de clarté sonore et de fiabilité de transmission. Dans un sport où la concentration est extrême et où l’information doit être instantanément assimilée, il n’y a tout simplement pas de place pour l’approximation.
La Dorna et les fournisseurs travaillent actuellement à une itération améliorée pour 2026, avec des tests programmés en continu tout au long de la saison 2025. Les retours des pilotes comme Zarco seront cruciaux pour apporter les ajustements nécessaires, même si la décision d’introduction reste entre les mains des instances réglementaires.
Une transition technologique inévitable ?
En toile de fond, cette polémique soulève une interrogation plus large : jusqu’où la MotoGP doit-elle aller dans la numérisation du pilotage ? Les comparaisons avec la F1 se multiplient, notamment en matière de communication en course et de télémétrie. Mais la discipline moto reste fondamentalement différente — exposée, instinctive, et « à l’ancienne » dans le bon sens du terme. L’introduction de la radio pourrait transformer la relation pilote-machine, pour le meilleur ou pour le pire.
Johann Zarco, au crépuscule de sa carrière en MotoGP, se veut le porte-voix d’un certain purisme technologique. À la Dorna désormais d’écouter — ou non — le message envoyé depuis Valence. Une chose est sûre : le système actuel est encore loin du checkered flag.