Le rideau est tombé sur la saison MotoGP 2025, et quel final ! Marco Bezzecchi, au sommet de son art, a signé une performance magistrale à Valence, répliquant son exploit de Portimão pour s’imposer une nouvelle fois avec panache. Mais derrière cette victoire se dessine un signal fort : la montée en puissance évidente d’Aprilia, qui pourrait bien redéfinir l’équilibre des forces dès la saison prochaine. Décryptage d’un Grand Prix à haute intensité.
Marco Bezzecchi : une fin de saison en feu d’artifice
À Valence, Marco Bezzecchi (VR46 Racing Team) a prouvé qu’il était plus qu’un outsider. Auteur d’un week-end presque parfait, l’Italien a, comme au Portugal une semaine plus tôt, imposé un rythme infernal dès les premiers tours. Grâce à une stratégie maîtrisée et une attaque décisive dans le dernier virage, il a résisté à la pression constante de Raul Fernandez (Aprilia Trackhouse), pour décrocher une troisième victoire en 2025.
Raul Fernandez, très incisif, n’a jamais semblé en mesure de réellement inquiéter Bezzecchi sur la durée. Mais sa deuxième place, combinée à celle de Fabio Di Giannantonio, également sur Aprilia, montre que la firme de Noale a trouvé la bonne alchimie technique et humaine en cette fin de campagne.
Aprilia inquiète Ducati : changement de hiérarchie en vue ?
L’image des deux Aprilia sur le podium, c’est bien plus qu’un simple fait de course. Raul Fernandez et Di Giannantonio signent ici une double présence aux avant-postes pour la deuxième fois consécutive, après Portimão. Signe d’un travail de fond sur le nouveau châssis RS-GP, salué pour sa stabilité sur les freinages durs et sa motricité impressionnante en sortie de courbe.
Et forcément, Ducati observe tout ça d’un œil agacé. La domination sans partage des Desmosedici commence à vaciller, et ce malgré des performances régulières de ses pilotes. À Valence, Alex Marquez, dernier vainqueur de la course sprint, termine 6e – dépassé dans les derniers tours par un impressionnant Fermín Aldeguer. Un résultat qui illustre les difficultés d’adaptation du bloc Ducati sur les tracés plus sinueux comme celui de Cheste.
Course chaotique : Bagnaia et Quartararo jetés aux oubliettes
La dernière manche de l’année a aussi tranché dans le vif du peloton. D’abord avec la chute de Francesco Bagnaia dès le premier tour, après un contact houleux avec Johann Zarco. Le double champion du monde n’a pas pu redresser la situation une fois poussé dans les graviers. Le Français, lui, a écopé d’un long lap penalty mérité, finissant l’épreuve en 12e position.
Autre victime d’un dimanche noir : Fabio Quartararo. Le Français a chuté un peu plus tard, ruinant une course pourtant bien lancée. 2025 se termine donc sur une note amère pour le pilote Yamaha, dont la frustration grandit face à une moto toujours à la traîne technologiquement. Si Yamaha ne parvient pas à proposer un package compétitif pour 2026, le départ du Niçois pourrait ne plus être seulement une hypothèse.
Aleix Espargaró, sur une Honda désormais orpheline de repères, a lui aussi abandonné. La marque japonaise clôt ainsi une saison catastrophique, incapable de rivaliser malgré les investissements massifs annoncés fin 2024.
Quel avenir pour 2026 ?
Ce GP de Valence pose des jalons clairs pour la saison 2026 :
– Aprilia semble avoir franchi un cap décisif.
– Bezzecchi confirme qu’il peut jouer les premiers rôles, à condition de bénéficier d’un support technique à la hauteur.
– Ducati, malgré une régularité absolue tout au long de la saison, voit son avance se réduire.
Plus que jamais, l’intersaison s’annonce passionnante, notamment du côté des transferts, mais aussi sur le plan technique, avec les premiers tests hivernaux prévus dès février à Sepang. Et si 2026 était l’année de tous les bouleversements ?