En difficulté cette saison, Francesco Bagnaia n’en garde pas moins une foi absolue envers Ducati. À l’approche du Grand Prix d’Australie 2025, le double champion du monde en titre a tenu à défendre fermement son équipe, malgré une campagne marquée par des hauts et des bas.
Un début de saison compliqué, mais une confiance intacte
Actuellement troisième du classement général pilotes en cette saison MotoGP 2025, Francesco Bagnaia vit une année en montagnes russes. Après un Grand Prix d’Indonésie compliqué, où il a peiné à retrouver son rythme habituel, l’Italien s’est exprimé dans une interview accordée au site officiel du MotoGP. Loin d’accabler son équipe, il a tenu à saluer l’engagement sans faille de Ducati, affirmant ne jamais avoir douté de la capacité du constructeur à l’aider à retrouver son meilleur niveau.
« Je n’arrivais pas à forcer en entrée de virage comme je l’ai toujours fait. Mon équipe n’a jamais cessé de travailler pour adapter la moto à mes besoins. Certains ont douté de moi, mais je ne me suis jamais remis en question, et surtout, je n’ai jamais douté de Ducati », a-t-il confié. Des mots forts qui traduisent une relation de confiance entre le pilote et son écurie – un lien rare et précieux dans un paddock où les transferts sont plus que jamais monnaie courante.
Ducati : une usine écoutant ses pilotes
Derrière cette déclaration, c’est toute la stratégie de Ducati Corse qui se dévoile. À Borgo Panigale, on mise sur la fidélité, l’adaptabilité et le dialogue technique étroit entre ingénieurs et pilotes. Depuis plusieurs années, Ducati a renforcé sa cellule de R&D compétition pour affiner les retours des pilotes officiels, à commencer par Bagnaia, véritable pilier de l’équipe depuis son titre 2022. Le service course dirigé par Davide Tardozzi et Gigi Dall’Igna a orienté son développement technique sur l’ergonomie et la motricité, pour répondre à ses attentes.
Mais 2025 n’a pas été de tout repos : avec l’arrivée en forme de Jorge Martin sur Ducati Pramac, Bagnaia a vu son statut de leader contesté. Une situation difficile psychologiquement, comme il le souligne lui-même : « Parfois, quand votre coéquipier gagne et que vous obtenez de mauvais résultats, c’est dur d’y croire. » Ce contexte souligne à quel point sa loyauté prend tout son sens : dans la tourmente, le pilote piémontais continue de porter les couleurs rouges avec fierté.
Un modèle de stabilité dans un marché pilote en mutation
En 2025, le paddock est en pleine ébullition. Yamaha cherche à reconstruire, KTM pousse avec son duo Acosta-Binder et Honda entame un profond chantier de renouvellement. Dans ce tumulte, Ducati apparaît comme un bastion de stabilité. Grâce à une structure satellite forte, un programme d’essais robuste et un duo d’usine encore relativement soudé, la marque italienne conserve une excellente dynamique. Les déclarations de Bagnaia renforcent cette image de solidité.
L’Italien reste donc l’ambassadeur idéal pour une marque qui veut continuer à dominer la catégorie reine. Si la Desmosedici GP25 a posé des défis, le travail collectif reste une carte maîtresse dans leur stratégie. Et Bagnaia le sait : pour dominer à nouveau, il faut plus que du talent seul — il faut de la cohésion, de la persévérance et de la confiance mutuelle.
Quels enjeux pour la fin de saison 2025 ?
Avec encore plusieurs courses clés à disputer – dont Phillip Island, Sepang et Valencia –, Bagnaia reste dans la lutte pour le titre, même si la régularité de Martin ou l’explosivité d’Acosta pourraient faire pencher la balance. Cependant, cette déclaration publique revêt une importance précieuse : elle réinstalle un climat de confiance autour de l’Italien et renforce les fondations humaines de l’écurie rouge.
Une chose est sûre : en MotoGP, la loyauté est une denrée rare. Et quand elle s’exprime avec autant de clarté, cela peut souder une équipe et relancer une saison. Ducati peut remercier Bagnaia – et compter sur lui pour continuer le combat.