Alors que la saison MotoGP 2025 touche à sa seconde moitié, Francesco Bagnaia, double champion du monde en difficulté, fait l’objet d’une critique inattendue… qui vise autant sa performance que l’ambiance de son équipe. Aux commandes de Ducati Lenovo Team, Davide Tardozzi est aujourd’hui dans la ligne de mire, notamment après les déclarations très critiques de Chicho Lorenzo, le père de l’ancien champion du monde Jorge Lorenzo. Retour sur un malaise grandissant au sommet de l’écurie rouge.
La saison 2025 de Francesco Bagnaia : entre éclairs de génie et désillusion
Après deux titres mondiaux consécutifs en 2022 et 2023, Francesco « Pecco » Bagnaia abordait la saison 2025 avec le statut d’homme à battre. Mais c’est un tout autre scénario qui s’est dessiné. Hormis un impressionnant doublé sprint + GP au Japon, l’Italien peine à retrouver le rythme qui faisait de lui une référence du plateau MotoGP. Dépassé par un Marc Márquez ultra-dominant chez Ducati, sacré champion du monde au Motegi, Pecco est désormais en perte de repères, derrière non seulement le Catalan – actuellement écarté sur blessure – mais également derrière un Álex Márquez très incisif chez Gresini.
Les résultats en berne de Bagnaia posent donc la question de la dynamique au sein de l’équipe officielle Ducati. Si la moto reste une référence technique — comme en témoignent les victoires en série de ses différents représentants (Marini, Martin, ou encore Bastianini) — le mental du pilote italien semble affecté par une gestion interne pointée du doigt.
Chicho Lorenzo accuse : « Tardozzi joue trop avec ses émotions »
C’est dans ce contexte tendu que Chicho Lorenzo, figure respectée du paddock et père du quintuple champion du monde Jorge Lorenzo, a pris la parole dans les colonnes de Motosan. Il s’est attaqué frontalement au team manager de Ducati, Davide Tardozzi. « Quand tout va bien, Tardozzi danse. Quand ça tourne mal, il affiche une grimace de marbre. Ce n’est pas un comportement digne d’un responsable« , a-t-il lâché, suggérant que cette gestion émotionnelle instable engendre un climat anxiogène pour les pilotes.
Pour Chicho Lorenzo, Ducati doit devenir un bastion de stabilité et de lucidité, et non réagir aux résultats dans l’excès. Il poursuit : « Bagnaia doit montrer qu’il peut être un leader. Mais il ne pourra pas le faire dans une équipe où l’émotion prend le dessus sur la lucidité« . Une déclaration forte qui remet en cause non seulement la méthode Tardozzi, mais aussi la structure psychologique actuelle de l’équipe championne du monde.
Un enjeu stratégique pour Ducati au-delà de 2025
À l’aube de la transition vers la réglementation 2027, Ducati ne peut se permettre de dilapider son capital confiance auprès de ses pilotes. Si Marc Márquez semble s’être inscrit comme une référence inamovible dans l’équipe, sa blessure actuelle montre combien la profondeur de banc et l’équilibre psychologique des pilotes sont stratégiques.
Le management émotionnel — souvent sous-estimé — se retrouve désormais sur le devant de la scène, et pourrait bien devenir un paramètre déterminant pour la performance. Pecco Bagnaia, soutien de longue date du projet Ducati, a besoin d’un environnement capable de l’aider à rebondir. Sa relégation au second plan face à Marc Márquez, malgré ses accomplissements récents, laisse planer un doute sur sa place et son rôle futur au sein de l’écurie rouge.
Reste à voir si Ducati choisira de revoir sa structure de gestion ou si elle continuera de miser sur un management passionné mais parfois instable. Une chose est sûre : retaper Bagnaia mentalement avant la fin de la saison – et en prévision de 2026 – est devenu un enjeu aussi crucial qu’une évolution moteur ou aérodynamique.