Liberty Media au MotoGP : les changements majeurs n’auront (finalement) pas lieu

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par Lucas Moretti

Depuis l’annonce fracassante de l’entrée de Liberty Media dans le monde du MotoGP début 2025, les spéculations sont allées bon train. Suppressions de catégories, réduction drastique du calendrier ou encore formats de week-ends chamboulés… Les fans ont craint le pire. Mais la réalité semble bien plus nuancée.

Nouvelle ère, mais changements limités

Lors du rachat d’une importante participation dans Dorna Sports par Liberty Media, déjà propriétaire de la Formule 1, les inquiétudes se sont multipliées. Allaient-ils reproduire leur stratégie de globalisation ultra-commerciale dans la discipline reine du deux-roues ?

Les rumeurs, souvent non fondées, pointaient vers la suppression de certaines manches emblématiques du calendrier MotoGP, ou pire, la disparition des catégories Moto2 et Moto3. Mais Carlos Ezpeleta, directeur sportif du MotoGP et fils du PDG de Dorna, a rapidement clarifié la position de l’organisation : le calendrier ne sera pas alourdi, et les catégories inférieures resteront bien présentes.

« Nous n’alourdirons pas le calendrier » a affirmé Carlos Ezpeleta, dans une déclaration relayée par motorsport.com. Car en effet, avec ses 22 courses — record atteint en 2024 — le MotoGP soutient déjà une cadence intense. Ajoutez à cela les courses sprint introduites récemment, et ce sont 44 départs prévus chaque saison. Autant dire, une charge mentale et physique colossale pour les pilotes, les teams et les équipes techniques.

L’objectif n’est donc pas d’imiter la F1 et ses 24 week-ends. Malgré la demande croissante de pays émergents comme l’Indonésie, la Thaïlande ou encore l’Inde, aucune expansion n’est programmée pour le moment. La Direction du MotoGP reste vigilante pour préserver l’équilibre entre performance, spectacle… et santé des acteurs du paddock.

Les Moto2 et Moto3 ancrées dans l’ADN du MotoGP

Face aux bruits de couloir évoquant une exclusion potentielle des catégories Moto2 et Moto3, Carlos Ezpeleta a tenu à rassurer : leur présence est fondamentale dans l’écosystème du championnat.

« Dans toutes les discussions que nous avons eues avec elles, les équipes de Moto2 et Moto3 ont toujours dit qu’il était essentiel pour elles d’être présentes à chaque événement », a-t-il précisé à motorsport.com, soulignant que Dorna n’avait « jamais eu la volonté de les exclure de quelque événement que ce soit ».

Rappelons que ces deux catégories jouent un rôle stratégique dans la filière de formation des talents. De Marc Márquez à Jorge Martín ou Pedro Acosta, tous sont passés par cette antichambre avant de briller en catégorie reine. Leur suppression serait non seulement un contresens sportif, mais également un appauvrissement dramatique pour le spectacle, tant sur le plan humain que technique.

La crainte d’un week-end MotoGP en ‘solo’ reste donc largement infondée. D’ailleurs, la dernière fois qu’un tel format a été imposé (hors contexte sanitaire), c’était en 2013 à Laguna Seca, pour des raisons de sécurité. Autant dire, un cas d’école plutôt que la norme.

Une stratégie d’évolution maîtrisée

Liberty Media ne cherche pas à bouleverser brutalement l’ADN du MotoGP. Leur stratégie semble davantage orientée vers une croissance organique, un développement du spectacle numérique (via les plateformes OTT comme MotoGP VideoPass) et un gain en visibilité globale, notamment sur des marchés à fort potentiel comme l’Amérique latine ou le Moyen-Orient.

D’ici à 2027, date de renégociation majeure des contrats entre Dorna et les teams, plusieurs évolutions sont certes à prévoir — notamment en matière de régulation technique et de développement durable — mais les fondamentaux resteront intacts.

MotoGP conserve sa trinité : Moto3, Moto2 et la catégorie reine, dans un écosystème cohérent, accessible et formateur.

Un soulagement pour les puristes… et un défi passionnant pour l’avenir de la discipline.

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