Depuis le début de la saison 2025, Fabio Quartararo ne cache plus son impatience. Englué dans le ventre mou du classement, le champion du monde MotoGP 2021 multiplie les appels du pied à Yamaha pour un coup d’accélérateur technique. Et de manière explicite, c’est désormais un mot qui revient comme un mantra : V4. Oui, le pilote français veut un moteur V4 digne de ce nom pour retrouver le goût de la gagne.
Un Grand Prix de Hongrie qui confirme les limites du package Yamaha
Lors du récent Grand Prix de Hongrie, Quartararo a encore une fois dû composer avec une moto en retrait. Sa 10e place finale illustre à quel point sa M1 actuelle a du mal à suivre le rythme effréné imposé par Ducati, KTM et Aprilia, tous passés au quatre cylindres en V depuis plusieurs saisons. Une situation devenue frustrante pour le pilote tricolore, qui a déclaré dans une interview relayée par Paddock GP : « Si je n’ai pas la puissance maximale, ce ne sera pas une moto de combat. »
Cette déclaration musclée tombe au bon moment : Yamaha vient justement d’annoncer qu’un premier prototype de moteur V4 allait être testé. Le constructeur japonais a ainsi convoqué Augusto Fernandez pour un test grandeur nature lors du Grand Prix de Saint-Marin à Misano. Le pilote espagnol évoluera en wild-card avec ce nouveau propulseur, tandis que Quartararo le testera lors de la journée de roulage post-GP.
Objectif clair : moins de 0,5s par tour pour valider le V4
Fabio Quartararo a fixé la barre très haut pour juger ce nouveau moteur : il veut se situer à moins d’une demi-seconde de son meilleur chrono dès les premières sessions. Un objectif ambitieux, mais selon lui nécessaire : « Ce sera un bon pas en avant. C’est l’un des points les plus importants aujourd’hui. Si vous ne pouvez pas préparer un dépassement avec un moteur performant, vous n’y parviendrez pas. »
Yamaha, conscient du retard accumulé face aux leaders du plateau, semble prêt à franchir un cap technologique. Abandonnant peu à peu son traditionnel 4-en-ligne, la marque nippone veut redonner à sa M1 un moteur plus compact, plus coupleux, et surtout plus efficace sur les circuits modernes où chaque ligne droite est une menace si la cavalerie ne suit pas.
Les enjeux : relancer Quartararo, relancer Yamaha
Ce V4 n’est pas seulement une question de performance : c’est une décision stratégique cruciale pour la suite du projet Yamaha en MotoGP. Si le prototype satisfait Quartararo, cela pourrait solidifier sa relation avec l’équipe japonaise à l’approche du prochain cycle de contrats. Sinon, le Niçois pourrait envisager d’autres options pour 2026.
Les constructeurs rivaux, eux, observent la manœuvre de Yamaha avec attention. Ducati a prouvé depuis des années l’efficacité de son V4 Desmosedici, KTM continue de progresser avec sa RC16, et même Honda repense entièrement son moteur 2026. Dans ce contexte ultra-compétitif, Yamaha n’a plus le droit à l’erreur.
En misant sur la fiabilité d’un test en wildcard plutôt que sur un lancement précipité, l’usine de Iwata choisit la prudence. Reste à voir si les premiers retours, notamment ceux du team test dirigé par Silvano Galbusera, confirmeront les attentes placées autour de ce projet technique ambitieux.
Quoi qu’il en soit, l’affaire est claire : Quartararo veut une machine de guerre. Et pour cela, le moteur V4 est devenu son cheval de bataille. La rentrée de septembre à Misano s’annonce comme un moment clé dans la mutation de Yamaha… et peut-être dans la carrière du Français.