Le Red Bull Ring, avec ses longues lignes droites et ses freinages appuyés, n’a jamais été le circuit le plus favorable à la RS-GP d’Aprilia. Pourtant, Marco Bezzecchi a réussi à s’y distinguer en signant une brillante pole position avant de terminer troisième lors du Grand Prix MotoGP d’Autriche 2025. Retour sur une course maîtrisée, entre gestion stratégique et performance brute.
Une qualification de haut vol et un départ parfait
Le week-end autrichien avait commencé difficilement pour Marco Bezzecchi, mais l’Italien, toujours aussi incisif, a su redresser la barre de façon spectaculaire. Après avoir signé la pole position — sa première de la saison — le pilote Aprilia a pris un excellent envol, menant le peloton sur plusieurs tours. Sa RS-GP, améliorée en aérodynamique cette saison, a tenu bon dans les premiers temps face aux assauts de la concurrence.
Mais rapidement, le rythme infernal de Marc Márquez sur sa Ducati Gresini et du jeune prodige Fermín Aldeguer (Ducati Pramac) s’est imposé. Incapable de suivre sans compromettre son rythme de course, Bezzecchi a fait le choix avisé : préserver ses pneus, éviter les erreurs et viser un podium solide plutôt qu’un abandon risqué.
Son analyse après la course témoigne d’une lucidité grandissante : “Nous avons su rebondir après un vendredi très difficile, et revenir avec une pole position puis un podium aujourd’hui, c’est incroyable. (…) À la fin j’ai eu quelques problèmes avec la moto et j’ai dû relâcher un peu.” (source : paddock-gp.com).
Une maturité affirmée et des ambitions en hausse chez Aprilia
Ce podium n’est pas anodin : il symbolise non seulement la montée en puissance de Marco Bezzecchi mais aussi la progression significative d’Aprilia dans la hiérarchie MotoGP. Longtemps donnée en retrait sur des circuits comme Spielberg, la RS-GP semble avoir franchi un cap, avec une gestion électronique améliorée et une meilleure motricité dans les relances lentes.
Avec cette 3e place, Bezzecchi confirme ses progrès depuis son passage chez Aprilia. Plus posé, plus stratégique, moins dans l’attaque pure, il adopte un style plus réfléchi, à l’image des pilotes qui jouent les titres. S’il n’a pas pu contenir Márquez, plus rapide, ni Aldeguer, insatiable depuis la mi-saison, il s’inscrit désormais comme un prétendant récurrent au top 5.
L’écurie de Noale, quant à elle, valide ici son choix stratégique : aligner Bezzecchi comme fer de lance après une intersaison marquée par les départs de Vinales et l’arrivée de nouveaux ingénieurs. La dynamique semble installée, portée par une moto devenue compétitive dans des domaines où elle pêchait les saisons précédentes.
Prochaine étape : Budapest, l’inconnu espéré
Dès la semaine prochaine, le paddock MotoGP mettra le cap sur la Hongrie, pour le premier Grand Prix de Budapest dans l’histoire de la catégorie reine. Si le Hungaroring est davantage connu pour la Formule 1, le tracé a été réaménagé pour accueillir les prototypes du MotoGP.
Ce circuit sinueux et technique pourrait très bien convenir à l’agilité de la RS-GP et au style coulé de Bezzecchi. Avec un podium en poche et une dynamique positive, l’Italien pourrait viser encore plus haut sur un terrain vierge pour tout le plateau.
Un nouveau défi, mais également une opportunité pour Aprilia de renforcer son statut de trouble-fête face aux armadas Ducati et KTM, actuellement dominatrices. En attendant, ce Grand Prix d’Autriche 2025 aura offert un Bel affichage de la constance et du potentiel de Bezzecchi, qui s’affirme bel et bien comme un prétendant durable aux honneurs.