MotoGP 2026 : Ducati pourrait offrir un prototype usine au team Gresini

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par Maxime Leclerc

Alors que les moteurs rugissent à Spielberg pour le Grand Prix d’Autriche 2025, une annonce en coulisses fait déjà parler d’elle pour la saison MotoGP 2026. Ducati Corse, leader incontesté de la catégorie reine ces dernières saisons, envisage de confier une moto d’usine à Alex Marquez, au sein du team satellite Gresini Racing.

Une stratégie qui, si elle se matérialise, pourrait rebattre profondément les cartes du plateau MotoGP.

Gresini, futur troisième team usine de Ducati ?

Interrogé par Sky Sport le 16 août 2025, Mauro Grassilli, directeur sportif de Ducati Corse, a confirmé que la marque italienne étudiait actuellement la possibilité d’accorder une Desmosedici GP26 d’usine à Gresini. « Nous analysons la faisabilité technique et économique de ce projet », a-t-il expliqué, précisant que « c’est une option sur la table, mais nous sommes encore loin d’une décision définitive ».

Actuellement, Gresini Racing aligne des machines Ducati millésimées — au mieux de l’année précédente — ce qui limite leur accès aux toutes dernières évolutions châssis, aéro et moteur. Une moto d’usine signifierait avoir exactement les mêmes spécifications et données que les pilotes du team officiel, Ducati Lenovo Team, et que Pramac, l’actuel team satellite privilégié. Cela marquerait donc un tournant stratégique majeur.

Les enjeux : prestige, performance et équilibre stratégique

Confier un prototype usine à Alex Marquez, pilote rapide et expérimenté, serait un signal fort envoyé par Ducati. Non seulement cela valoriserait le projet Gresini Racing, mais cela renforcerait la présence compétitive de la marque italienne sans agrandir son team officiel. Une extension du “réseau usine” qui fait écho à ce que KTM tente de mettre en place avec Tech3, ou ce qu’a fait Yamaha par le passé avec Petronas SRT.

Cependant, un tel projet exige des investissements conséquents. Fournir une machine d’usine implique un soutien technique intensifié : ingénieurs supplémentaires, personnel data, accès en temps réel aux données du team officiel, sans oublier les implications logistiques et financières. Le rapport coût/performance devra être soigneusement évalué.

Du côté sportif, Gresini a prouvé sa compétitivité sur les dernières saisons, notamment grâce à Enea Bastianini et Fabio Di Giannantonio. En ajoutant une moto d’usine à l’équation, l’équipe pourrait non seulement viser des victoires plus fréquemment, mais aussi jouer un rôle déterminant dans la récolte de points pour le titre constructeur.

Alex Marquez sur une moto d’usine : un pari prometteur ?

Depuis son arrivée chez Gresini, Alex Marquez s’est progressivement imposé comme un outsider redoutable. Bien qu’inconstant, il a su tirer parti de la Desmosedici, notamment sur les circuits rapides ou en qualifications. En recevant une machine d’usine, il pourrait franchir un cap, à condition de maintenir une régularité indispensable dans cette nouvelle ère MotoGP ultra-compétitive.

De leur côté, les pilotes officiels – notamment Pecco Bagnaia et Jorge Martin (en fonction de leur contrat 2026) – pourraient se retrouver davantage challengés par un Marquez boosté par le matériel identique. Ducati jouerait alors sur un équilibre subtil : offrir plus d’armes à ses équipes tout en évitant la cannibalisation interne.

Une stratégie de domination durable pour Ducati

Depuis son retour en grâce à la fin des années 2010, Ducati mène une stratégie claire : multiplier les teams partenaires, standardiser sa présence avec des motos ultra-compétitives et récolter un maximum de données. Cette approche a porté ses fruits avec trois titres constructeurs consécutifs de 2022 à 2024.

L’extension du statut “usine” à Gresini renforcerait cette domination. Mais il reste une question : le team Pramac, historiquement favorisé, acceptera-t-il de partager ce privilège ? Ou Ducati cherche-t-elle, à moyen terme, à redistribuer les cartes de son engagement satellite ?

Quelle que soit la décision finale, une chose est sûre : Ducati a l’ambition d’ancrer son règne dans la durée, et cela passe aussi par des équipes satellites plus puissantes et mieux équipées.

Conclusion : une transformation stratégique majeure en perspective

Si Ducati va au bout de son projet, 2026 pourrait marquer un tournant historique dans le fonctionnement des équipes satellites en MotoGP. Une Desmosedici GP26 d’usine dans le box de Gresini ouvrirait une nouvelle ère de compétitivité partagée tout en posant des défis inédits en gestion technique et politique.

Gresini s’apprête-t-il à devenir le troisième pilier du dispositif Ducati ? Réponse dans les mois à venir.

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