Dans un coup de théâtre qui confirme les ambitions affirmées du pilote espagnol Arón Canet, l’actuel leader de la catégorie Moto2 quitte Fantic Racing pour signer un contrat de trois ans avec Marc VDS. Une manœuvre audacieuse, pensée pour établir une transition réfléchie vers le championnat World Superbike à partir de 2027. Ce mouvement stratégique rebat les cartes pour Fantic, qui se trouve désormais à la croisée des chemins pour 2026.
Un pari long terme avec Marc VDS pour Canet
À 25 ans, Arón Canet cherche plus qu’un simplement succès immédiat. En optant pour une collaboration de long terme avec Marc VDS, projet piloté par l’écurie belge réputée pour son professionnalisme et sa structure technique, Canet choisit la stabilité et la progression continue. Comme l’a rapporté Sky Sports, le contrat inclut une dernière saison en Moto2 en 2026, avant un passage graduel en championnat Superbike. Marc VDS créera pour l’occasion une nouvelle écurie dédiée au WSBK, dans laquelle Canet pilotera une Ducati Panigale V4 R dès 2027.
Contrairement à d’autres pilotes qui suivent la voie rapide en acceptant un engagement court chez BMW ou Aruba.it Ducati, Canet mise sur une structure bâtie à son image. Ce choix le place au cœur d’un projet dont il sera l’un des piliers, avec l’objectif clair d’y briller durablement — une approche rare à l’ère des placements opportunistes.
Ce transfert démontre l’évolution du profil de carrière souhaité par les pilotes modernes : montée en puissance progressive, vision à long terme et intégration dans une écurie qui partage une vision commune. En rejoignant Marc VDS, Canet associe son expérience en Grand Prix à une perspective ambitieuse dans la sphère du Superbike.
Fantic Racing : une équipe à reconstruire autour d’un nouveau leader
Le départ d’Arón Canet laisse un vide stratégique chez Fantic Racing. En pole position pour le titre Moto2 cette saison, l’Espagnol portait l’écurie italienne à bout de bras, notamment grâce à sa régularité et à sa maîtrise stratégique en course. Dès lors, la saison 2026 s’annonce comme une période charnière pour Fantic.
Si la présence de Barry Baltus semble assurée, plusieurs noms circulent pour prendre le guidon laissé libre par Canet. Tony Arbolino, ancien de Marc VDS, pourrait saisir l’opportunité d’une relance sportive. De l’autre côté, Filip Salac, pilote très rapide à ses heures mais manquant de constance, est également en lice. Fantic prend son temps pour choisir un pilote à la hauteur des ambitions affichées.
D’autres pistes sont explorées, comme celle menant à Diogo Moreira, l’étoile brésilienne du Moto3 désormais chez Italtrans, dont l’avenir semble incertain. S’il vient à être disponible, Moreira représenterait un choix audacieux mais prometteur pour assurer la relève.
Pour conserver son statut de top team en Moto2, Fantic doit jongler entre performance immédiate et projet à long terme. Le départ de Canet peut aussi être l’occasion d’intégrer un jeune talent dans le cadre d’un nouveau cycle sportif. Dans un championnat où la densité de talents s’intensifie saison après saison, ne pas faiblir est capital pour rester dans le haut du tableau.
Quel impact pour le Moto2 et le World Superbike ?
L’alliance entre Canet et Marc VDS, avec un tremplin vers le World Superbike, renforce le lien grandissant entre les deux mondes. D’un côté, le Moto2 reste un vivier pour les talents pur-sang issus des GP ; de l’autre, le WSBK devient une alternative sérieuse — moins verrouillée que le MotoGP — pour prolonger les carrières et viser des titres mondiaux.
Avec l’arrivée confirmée de Canet en 2027 sur une Ducati, l’équipe Marc VDS démontre ses ambitions d’élargir son empreinte sportive au-delà des GP. Ce projet pourrait inspirer d’autres teams moto GP à explorer des voies hybrides entre disciplines… et offrir ainsi de nouvelles perspectives aux pilotes en quête de cohérence et de longévité dans leur carrière.
Le MotoGP et ses catégories intermédiaires entrent ainsi dans une nouvelle ère : plus flexible, plus stratégique, et non moins spectaculaire.