Johann Zarco poursuit sa quête de performance en MotoGP 2025 avec audace et détermination. Lors du sprint du Grand Prix de République-Tchèque, le Français a pris des risques en matière de pneus pour tenter de faire la différence face à une concurrence redoutable. Le pari n’a pas payé sur le court terme, mais ouvre des perspectives intéressantes pour la course principale.
Une stratégie audacieuse avec le pneu soft arrière
En terminant huitième du sprint à Brno, Johann Zarco a marqué des points précieux. Mais derrière ce résultat en apparence modeste se cache une stratégie bien pensée : l’utilisation d’un pneu arrière soft, contrairement à la majorité du plateau qui avait opté pour un médium plus conservateur. Une prise de risque assumée par le pilote LCR Honda.
Dans une déclaration rapportée par Motorsport.com, Zarco justifie ce choix : « Le choix du soft à l’arrière, pour moi, était bon. J’ai vu beaucoup de gars s’orienter vers le medium mais je voulais avoir cette chance de me battre contre eux et de voir ce qui pouvait se passer. » Une décision qui témoigne de la volonté du Cannois de sortir des sentiers battus pour maximiser ses chances, dans un week-end où la performance pure de sa Honda reste limitée.
Mais la réalité en piste s’est révélée plus ardue que prévu. Englué dans un groupe dense, le double champion du monde Moto2 a souffert pour doubler et maintenir un rythme élevé. « Dans le groupe, il est très difficile de dépasser… Quand les pneus perdent en performance, c’est difficile de faire tourner la moto et il faut utiliser beaucoup d’énergie, » admet Zarco, pointant du doigt les faiblesses persistantes de sa RC213V.
Cap sur la course principale : entre gestion des pneus et ambition retrouvée
Zarco n’a jamais été aussi motivé à faire parler son expérience. Si le choix du pneu soft a eu ses limites sur le sprint (12 tours), il interroge pour la course principale de 20 tours. Le Français le sait : l’équilibre délicat de sa machine pourrait rendre cette option peu viable dans la durée.
« Ce n’est pas sûr que ce soft fasse les 20 tours, parce qu’on sent que quand ça se dégrade, la Honda devient difficile à emmener dans les virages… J’ai même eu mal à l’avant-bras droit sur la fin du sprint, » confie-t-il. Autant de signes qui poussent vers une réflexion stratégique plus classique, sans renoncer totalement à créer la surprise ce dimanche à 14h.
Pour faire oublier les difficultés rencontrées depuis le début de saison, Zarco sait qu’il doit capitaliser sur chaque opportunité. Malgré une Honda toujours fragile dans les phases de freinage et de ré-accélération, le tricolore continue de viser haut. « Clairement on sent que le top 5 est jouable. Il y avait même une petite odeur de podium, mais c’est dur de se bagarrer, » analyse-t-il lucidement. Une ambition qui, bien que mesurée, traduit sa combativité intacte après plusieurs saisons de hauts et de bas.
Quel impact pour Honda et la suite de la saison ?
Cette prestation de Zarco, même modeste en apparence, en dit long sur la situation actuelle chez Honda. Le constructeur japonais reste à la peine malgré un plan de relance technique engagé depuis 2024, notamment avec l’arrivée de nouvelles pièces développées conjointement avec Kalex. Mais les progrès tardent à se concrétiser, en particulier sur les longs relais.
Zarco, avec son expérience et sa capacité à analyser finement le comportement de la moto en course, joue un rôle essentiel dans la reconstruction du projet HRC. Chaque course devient donc un laboratoire grandeur nature pour tester, valider et affiner les réglages, tout en essayant de rester dans le top 10 – voire mieux, quand les conditions le permettent.
La course principale ce dimanche pourrait bien offrir à Johann Zarco une nouvelle chance de montrer que l’audace paye, à condition de trouver ce fragile équilibre entre stratégie, constance et exploitation maximale de son matériel. Les fans, eux, croient toujours à un coup d’éclat du « Z ».