Le week-end du Grand Prix des Pays-Bas 2025 sur le mythique circuit d’Assen n’a pas tenu toutes ses promesses pour Ducati. Malgré un podium décroché par Francesco Bagnaia, les interrogations autour de la Desmosedici GP25 continuent de croître. Entre doutes techniques et stratégie à réviser, retour sur une course marquée par les frustrations… et quelques éclaircies.
Bagnaia accroche le podium, mais à quel prix ?
Francesco Bagnaia a joué les équilibristes aux Pays-Bas. Dans une course serrée et disputée jusqu’au bout, le double champion du monde MotoGP termine troisième, sauvant l’honneur d’une équipe Ducati en quête de repères. Pourtant, la performance est loin d’avoir rassuré les rouges de Bologne. Comme il l’a déclaré en zone mixte après la course, « Ce podium est un soulagement, mais je ne me sens pas à 100 % sur cette moto » (source : Daily Sports).
L’Italien n’est pas le seul à remettre en question la version 2025 de la Desmosedici. Moins stable en entrée de virage et plus capricieuse au freinage que sa devancière, la GP25 semble avoir évolué, mais pas dans le bon sens. Si les ingénieurs cherchent à affiner le châssis carbone et à adapter le mapping moteur à différents styles de pilotage, les résultats ne sont pas (encore) à la hauteur des attentes de Borgo Panigale.
GP25 : L’arme qui divise dans les stands Ducati
Alors que Jorge Martín, autre prétendant sérieux au titre, a connu un week-end en dents de scie, la question devient récurrente : la GP25 est-elle une régression déguisée ? Certaines analyses pointent du doigt une moto « trop technologique » et difficile à dompter. Et même si les chronos sont régulièrement là en essais libres, la régularité en course fait défaut. Un constat partagé en off par plusieurs ingénieurs présents dans le paddock.
En parallèle, les autres constructeurs commencent à réduire l’écart. KTM et Aprilia continuent de progresser grâce à une approche pragmatique, et les Japonais, notamment Yamaha avec leurs récentes évolutions aérodynamiques et moteur, refont surface.
Il faudra rapidement revoir la copie avant les prochaines épreuves cruciales du calendrier. L’objectif : offrir une moto équilibrée et intuitive à ses pilotes, tout en conservant les performances moteur et l’efficacité aérodynamique qui font la réputation de Ducati.
Assen, révélateur des forces et des faiblesses
Plus qu’une simple course, ce GP d’Assen 2025 aura agi comme un révélateur. Bagnaia, habitué à être impérial sur rythme de course, a dû compenser ce week-end en pilotant davantage sur la défensive. Un contraste saisissant comparé à ses démonstrations passées. Et avec l’ombre d’un Marc Márquez renaissant ou encore d’un Pedro Acosta en pleine ascension chez GASGAS, les erreurs ou faiblesses techniques se paient aujourd’hui très cher.
Pour Ducati, c’est l’heure du choix : persévérer avec la GP25 et l’optimiser à marche forcée… ou envisager un retour partiel à des éléments éprouvés issus de la GP24 ? Le dilemme est là, et il pourrait bien influencer les stratégies jusqu’à la fin de la saison. Une chose est certaine : la domination observée en 2023-2024 n’est plus aussi évidente.
Quel impact pour la suite de la saison ?
Le MotoGP moderne ne laisse plus de place à l’approximation. Si Ducati veut se maintenir au sommet, elle devra corriger très vite les lacunes inhérentes à la GP25. Le niveau général s’est resserré, et le moindre faux pas coûte des points précieux dans la lutte aux championnats pilotes et constructeurs.
À l’heure où le paddock prend la direction du Sachsenring puis de Silverstone, Francesco Bagnaia garde l’œil sur le titre, mais il sait que le chemin ne sera pas aussi linéaire que les deux saisons précédentes. Quant à Gigi Dall’Igna et ses équipes, ils devront encore prouver que l’évolution technologique peut rimer avec performance et fiabilité.
Reste que ce podium aux Pays-Bas évite la catastrophe… pour cette fois.