Au Mugello, Fabio Quartararo, ancien champion du monde MotoGP, a une fois de plus vu ses espoirs anéantis par une Yamaha toujours en grande difficulté. Parti 4e, il termine 14e, livrant un verdict sans appel : la machine n’est tout simplement plus au niveau.
Une qualification prometteuse, une course cauchemardesque
Il y avait de quoi espérer. Sur un tracé aussi exigeant que celui du Grand Prix d’Italie, Fabio Quartararo avait brillamment décroché la 4e place en qualification, une performance qui semblait annoncer un week-end enfin salvateur pour lui et Yamaha. Mais dès le début de la course, le scénario s’écroule. Dépassé rapidement, relégué dans le peloton, puis définitivement hors du rythme, le pilote français termine à une insipide 14e place. Une claque de plus dans une saison déjà bien difficile.
« Chaque tour, c’était de pire en pire », a-t-il confié aux médias présents dans le paddock après la course, confirmant ses douleurs physiques autant que psychologiques avec sa moto. (Source : conférence de presse MotoGP, Mugello 2024)
Un déficit technique de la Yamaha flagrant
Le principal problème ? Yamaha. Quartararo n’a pas mâché ses mots : la M1 est aujourd’hui à bout de souffle face à la concurrence des V4 comme Ducati, KTM ou encore Aprilia. Manque de grip à l’arrière, usure précoce des pneus, comportement erratique : la M1 est tout sauf une moto de course compétitive dans le MotoGP moderne. « C’était la moto qui me conduisait », a lâché le Français. Autrement dit, il ne maîtrise plus sa machine, il la subit.
Il ajoute : « En course, on n’a aucune constance. C’est la dégringolade. » L’équipe Yamaha, malgré les efforts du Japonais Kazutoshi Seki (nouveau responsable du projet Grand Prix), peine à inverser la tendance. Les mises à jour techniques attendues comme des sauveurs ne donnent pas les résultats espérés. Le déficit de puissance et le poids de la Yamaha sur des circuits rapides comme le Mugello deviennent criants.
Une blessure qui n’excuse rien
Touché à l’épaule lors des essais libres du vendredi, Quartararo a tenu à minimiser son pépin physique. Ce n’est pas la blessure, mais bien sa machine qu’il met en cause. « Ce n’est pas ça le problème. Le plus compliqué, c’est la moto », a-t-il insisté. La frustration est palpable, et les résultats parlent d’eux-mêmes : seulement 61 points en championnat, 10e au classement général après huit manches.
Dans un univers MotoGP où les écarts se jouent à coup de dixièmes, Fabio semble aujourd’hui engagé dans une lutte asymétrique face à des machines bien plus compétitives. Son effort, sa combativité sont là. Mais à armes inégales, le succès reste inaccessible.
En quête urgente d’un déclic avant Assen
L’espoir renaîtra-t-il aux Pays-Bas ? La prochaine étape du calendrier, le légendaire circuit d’Assen, programmé pour le 29 juin, sera une nouvelle occasion pour Yamaha de tester ses mises à jour. Mais Quartararo ne se fait plus trop d’illusions. « Même quand on croit progresser, on voit qu’on n’y arrive pas du tout. »
Alors que d’autres pilotes explorent déjà leur avenir contractuel pour 2025, Fabio, lui, semble vivre une saison d’attente. Attente d’une moto performante. Attente d’un projet solide. Attente d’un renouveau qui semble, toujours, s’éloigner à mesure que les week-ends se ressemblent et que la logique descendante se confirme.
L’urgence est là pour Yamaha. Et pour Quartararo, le compte à rebours a commencé. Le champion 2021 est à la croisée des chemins : continuer à porter le projet Yamaha à bout de bras, ou explorer d’autres horizons dès l’an prochain ?
Dans tous les cas, le Mugello aura marqué un nouveau coup dur dans sa descente aux enfers. Et pour le paddock MotoGP, un nouveau signal d’alarme sur le déclin préoccupant d’un constructeur emblématique.