MotoGP : Pourquoi Álex Márquez mise tout sur la GP24 face à la décevante GP25 de Ducati

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par Maxime Leclerc

Alors que la Ducati GP25 promettait une révolution, elle divise déjà le paddock MotoGP. Face à ces interrogations, Álex Márquez joue la carte de la fiabilité avec la GP24. Un choix stratégique qui interpelle à l’aube du Grand Prix d’Aragón.

La GP25 en difficulté : des débuts sur courant alternatif

Elle devait être l’arme ultime pour 2024. Pourtant, la Ducati GP25 peine à convaincre. Depuis le début de la saison, les retours des pilotes sont mitigés. Le champion en titre Pecco Bagnaia évoque un manque de sensation à l’avant, un point crucial en entrée de virage. Marc Márquez, malgré quelques éclairs de génie, n’est pas épargné par les critiques sur la stabilité de la machine lors des phases de freinage. Quant à Fabio Di Giannantonio, il avoue ne pas encore totalement maîtriser sa nouvelle monture.

Dans ce climat d’incertitude, Franco Morbidelli (VR46), pourtant pas réputé pour ses déclarations tranchantes, appuie la thèse d’une GP25 en rodage. « On a vu que les pilotes qui ont la GP25 ont plus de mal en entrée de virage, moins de confiance à certains moments », a-t-il confié aux médias. L’Italien souligne un contraste évident : la GP24 serait plus équilibrée, tandis que la GP25 excelle en sortie de virage. Une distinction technique qui pourrait expliquer les choix stratégiques de certains pilotes.

Álex Márquez et la GP24 : un pari de constance

Álex Márquez, lui, ne veut rien savoir de la dernière-née de chez Ducati. Équipé d’une GP24 performante depuis le début de saison, le pilote Gresini a signé une victoire à Jerez et un sprint convaincant à Silverstone. De quoi conforter un feeling déjà solide. « Je sais ce que j’ai et je crois que c’est la meilleure moto de l’année », a-t-il déclaré en marge du Grand Prix d’Aragón (source : conférence de presse Dorna Sports).

Márquez préfère miser sur un package maîtrisé plutôt que de parier sur une machine instable. Ce faisant, il s’extrait de la pression du développement et reste concentré sur la performance immédiate. Une approche qui tranche dans un environnement MotoGP souvent obsédé par la dernière évolution technique.

Côté développement, Ducati semble conforter cette stratégie. Aucun nouvel élément n’est prévu pour la GP24 lors du test post-course à Aragón, contrairement à la GP25 sous la loupe. « Si quelqu’un a une nouveauté, tous ceux qui ont la 24 doivent l’avoir », rappelle Márquez. L’uniformité est assumée, et le pilote espagnol s’en satisfait : « Le lundi, on testera des réglages, rien de plus ». Un discours lucide, teinté d’un certain pragmatisme stratégique.

Le choix de Márquez : lucidité ou manque d’ambition ?

Refuser l’évolution peut s’interpréter de deux façons : volonté de stabilité ou aveu de limites. Dans le cas d’Álex Márquez, il semble clair que le pilote valorise la constance et la connaissance de son matériel, un facteur déterminant dans une saison aussi serrée.

Mais attention à ne pas se faire distancer. Si Ducati parvient à corriger les failles de la GP25, elle pourrait devenir l’arme absolue en deuxième moitié de saison. Marc Márquez ou Bagnaia, une fois les réglages affinés, pourraient avoir entre les mains une version optimisée plus performante que la GP24. La tactique d’Álex tiendra-t-elle toujours à ce moment-là ?

Pour l’heure, le choix d’Álex Márquez est défendable. Son approche pragmatique reflète une maturité rare : plutôt que de courir après la hype technologique, il se concentre sur ce qui fonctionne. Dans un paddock parfois trop hésitant entre audace et prudence, ce positionnement pourrait faire de lui l’un des outsiders les plus dangereux de la saison MotoGP 2024.

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