MotoGP – Pourquoi Álex Rins peine à suivre Fabio Quartararo chez Yamaha

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par Lucas Moretti

Depuis son arrivée dans le team Yamaha MotoGP, Álex Rins vit une adaptation à géométrie variable. Tandis que Fabio Quartararo, champion du monde 2021, parvient à réaliser des performances surprenantes avec une moto pourtant en difficulté, son coéquipier espagnol lutte pour comprendre cette différence. Une situation qui interroge autant sur les choix techniques de Yamaha que sur les styles de pilotage des deux hommes.

Des performances contrastées chez Yamaha : quand Quartararo brille, Rins rame

Le Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone a une nouvelle fois souligné l’écart qui sépare Fabio Quartararo et Álex Rins au sein du garage Yamaha. Le Français a signé une pole impressionnante, avant un abandon en course pour cause de problème de holeshot. De son côté, Rins n’a pu faire mieux que 13e, exprimant sa frustration face à un manque de grip et des difficultés à chauffer le pneu arrière.

« C’était frustrant, sincèrement, parce que j’avais beaucoup de mal à faire chauffer le pneu arrière. Il faut comprendre pourquoi parce que Miller et Fabio ont la même machine que moi, la même Yamaha, et ils arrivent à être plus rapides que moi au début. » (Source : Motorsport.com)

Si la Yamaha reste une machine capricieuse et peu compétitive face aux Ducati ou Aprilia, Fabio Quartararo arrive désormais à en tirer le maximum. En témoignent ses performances en qualifications qui montrent une certaine capacité à extraire la quintessence de la M1 – ce que Rins n’arrive pas encore à faire.

Une Yamaha en transformation : évolutions techniques et adaptation au pilotage

Depuis plusieurs courses, Yamaha a introduit de nouvelles évolutions sur la M1 : un moteur revu et corrigé, aperçu pour la première fois au Mans, et un carénage avant plus aérodynamique visant à améliorer la stabilité et la vitesse en ligne droite. Des évolutions qui semblent mieux convenir à Quartararo qu’à Rins.

Álex Rins, qui évoluait encore l’an dernier sur la Suzuki, est peut-être en difficulté à cause d’un style de pilotage qui ne correspond pas totalement à la Yamaha, une moto qui exige plus de fluidité dans les virages contrairement au pilotage plus agressif permis par la Suzuki. Lui-même le reconnaît : « Dans mon cas, il faut juste comprendre le genre de soucis que l’on a dans les premières parties des courses. Ensuite, on voit que les chronos sont assez similaires et que l’on a progressé depuis l’an dernier. C’est ce qui est bien, c’est ce qui maintient ma motivation. » (Source : Motorsport.com)

Ce témoignage met en lumière l’un des défis majeurs de Rins : l’acclimatation technique et mentale aux spécificités de la Yamaha. Car malgré l’égalité des machines, chaque pilote doit appréhender différemment le comportement de la monture selon ses habitudes, son feeling et sa capacité à interpréter les datas.

Quel avenir pour Rins et Yamaha sur la seconde moitié du championnat ?

Alors que la saison 2024 s’intensifie, les enjeux deviennent cruciaux. Pour Yamaha, les éclats de Quartararo permettent d’envisager un retour partiel aux avant-postes, mais le constructeur japonais a besoin de valider ses évolutions sur les deux motos. Le manque de constance chez Álex Rins handicape cette analyse globale.

Pour l’Espagnol, la priorité est claire : analyser en profondeur son manque de rythme en début de course, améliorer la mise en température de ses pneus et adapter son pilotage aux nouvelles exigences de la M1. Des résultats moyens prolongés pourraient rapidement poser la question de sa place dans l’effectif, d’autant que Yamaha réfléchit activement à renouveler ses rangs pour 2025 dans l’espoir de retrouver son lustre d’antan.

En attendant, les prochains Grands Prix seront essentiels pour démontrer que la Yamaha peut être performante avec deux pilotes, et non uniquement grâce au talent brut de Quartararo. Une exigence que le clan Yamaha ne pourra ignorer longtemps.

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