Après un début de saison en dents de scie, Pecco Bagnaia débarque à Silverstone avec l’envie de frapper fort. Le double champion du monde MotoGP traverse une période de doutes, mais ne compte pas se laisser submerger. Entre perte de sensations, concurrence interne grandissante chez Ducati et adaptation à une moto capricieuse, l’Italien doit rapidement inverser la tendance pour rester dans la course au titre.
Un début de saison laborieux pour le champion en titre
Le week-end du Grand Prix de France au Mans a laissé des traces. Plombé par des chutes à répétition et des qualifications en retrait, Pecco Bagnaia a connu ce qu’il appelle lui-même « un cauchemar ». L’Italien l’a reconnu en conférence de presse : « De la qualification à la course de dimanche, tout a été un désastre. Nous devons juste recommencer à zéro » (source : conférence de presse officielle MotoGP).
Mais les difficultés ne datent pas du Mans. Déjà au Qatar et aux États-Unis, Bagnaia peinait à se hisser dans le top 5 lors des qualifications, un fait rarissime pour le fer de lance de Ducati. Son principal souci ? Le feeling. Il le dit sans détour : « Depuis la Malaisie, je me bats avec ce manque de sensations, surtout concernant l’avant de la moto« . Et dans une discipline où le moindre centième de seconde compte, ce déséquilibre coûte cher.
Une concurrence interne féroce chez Ducati
L’arrivée de Marc Márquez dans l’équipe d’usine en 2024 a redistribué les cartes. Si certains voyaient en lui un catalyseur de progrès pour Ducati, son impact psychologique sur Bagnaia est aujourd’hui palpable. L’Italien n’a jamais caché son admiration pour le pilote espagnol : « Marc a toujours été extrêmement fort en tout« , souligne-t-il. Et cela se confirme en piste : que ce soit Marc ou son frère Alex (chez Gresini), ils bousculent visiblement la hiérarchie établie, mettant une pression supplémentaire sur le numéro 1 mondial.
Mais cette présence pourrait aussi être un électrochoc. Bagnaia, conscient que chaque point volé par un coéquipier pourrait faire la différence en fin de saison, sait qu’il doit impérativement se ressaisir. L’Italien l’affirme : « On travaille simplement pour résoudre nos problèmes. La nouvelle moto change la donne, elle est plus souple à l’avant, donc je dois m’adapter« .
Adaptation mécanique et mentale en cours
Au-delà du pilotage pur, c’est aussi toute une adaptation technique qui est en jeu. La Desmosedici millésime 2024 semble avoir modifié certains équilibres fondamentaux, notamment en phase de freinage. « C’est là qu’on doit bosser. On a beaucoup travaillé à la maison pour s’ajuster à cette nouvelle configuration« , explique le pilote italien. Si cette période de flou technique est normale sur une machine en constante évolution, elle se fait ici au pire moment : en pleine montée en puissance de ses rivaux directs.
À quelques jours de l’épreuve britannique, Bagnaia mise donc sur le travail et la persévérance. « On n’oublie pas comment piloter une moto« , répète-t-il. En d’autres mots, il faudra redonner confiance à l’homme pour retrouver le champion qu’il a été les deux saisons précédentes.
Silverstone : une étape décisive pour relancer la machine
Le circuit de Silverstone, avec ses courbes rapides et ses zones techniques complexes, pourrait bien être le théâtre du renouveau de Bagnaia. Terrain exigeant mais apprécié du pilote turinois, il a déjà su y exprimer tout son potentiel par le passé. Reste à savoir si les ajustements et le travail engagé porteront leurs fruits dès ce week-end.
Dans une saison 2024 plus disputée que jamais, la moindre contre-performance se paie cash. Entre le retour tonitruant des frères Márquez, l’insolence des outsiders et l’inconnue technique que représente encore la Ducati GP24, Bagnaia n’a plus le luxe de tergiverser. Silverstone pourrait bien marquer un véritable tournant dans sa campagne 2024… ou le début d’une crise plus profonde.