Depuis le début de la saison MotoGP 2024, Pecco Bagnaia, champion du monde en titre, peine à retrouver sa domination habituelle avec la nouvelle Ducati GP25. Présentée comme une évolution prometteuse, cette Desmosedici dernière génération semble cependant poser des problèmes inattendus, notamment sur le train avant. Décryptage d’une situation complexe et des défis à relever pour le pilote italien et Ducati.
Une Ducati GP25 prometteuse, mais capricieuse
À première vue, la Ducati GP25 coche toutes les cases : puissance accrue, meilleure accélération, freinage optimisé. Pourtant, Bagnaia l’a confirmé après le Grand Prix d’Espagne à Jerez : « À chaque fois que je me rapprochais, je devais un peu ralentir parce que je perdais l’avant » (source : conférence de presse post-GP). Ce problème de stabilité de l’avant, particulièrement dans les virages rapides comme les 5, 8, 11 et 12, empêche le pilote de se battre pour la victoire malgré un rythme solide.
Le cas de Marc Márquez, qui pilote également une GP25, éclaire encore un peu plus ces difficultés : auteur d’une chute en course alors qu’il était en lice pour le podium, il a également pointé du doigt une certaine instabilité. En parallèle, Álex Márquez sur la GP24 semble plus à l’aise, ce qui relance le débat sur le niveau de mise au point de la GP25 par rapport à son aînée.
Atouts et faiblesses : où en est la GP25 ?
Malgré tout, Pecco Bagnaia reste confiant dans le potentiel de la moto : « La 2025 a plus de potentiel que la 2024 », assure-t-il. Les améliorations en vitesse et en freinage sont indéniables. Toutefois, l’équilibre général, notamment au niveau du train avant, semble plus délicat à exploiter. Bagnaia évoque un avant « plus tendre » (source : déclaration post-course à Jerez), un facteur qui complique son feeling dans les changements d’appui rapides, essentiels en MotoGP actuel.
Avec l’évolution constante des pneumatiques et des réglages d’électronique, Ducati a peut-être cherché à pousser les limites du châssis un peu trop loin sans lui donner le temps d’être totalement dompté par les pilotes. Cette situation rappelle certains épisodes passés dans le championnat où une innovation technique précipitée a parfois temporairement freiné les ambitions sportives.
Les tests de Jerez : tournant pour Ducati et Bagnaia ?
Heureusement pour les Rouges de Bologne, rien n’est encore perdu. Les tests organisés à Jerez au lendemain du Grand Prix pourraient marquer un tournant décisif. Bagnaia l’a d’ailleurs souligné : « Heureusement, demain on aura une journée importante ». Objectif : travailler sur l’équilibre général de la moto, valider de nouvelles solutions techniques et retrouver la confiance dans le train avant.
En MotoGP, les marges sont microscopiques, mais une adaptation rapide peut inverser la dynamique. Ducati mise sur son riche réservoir de données, l’expérience de Bagnaia mais aussi celle de ses autres pilotes pour affiner la machine. La gestion de ce défi technique sera capitale : si la GP25 retrouve de la stabilité sans perdre ses qualités dynamiques, Bagnaia pourrait redevenir l’adversaire redoutable qu’il fut en 2023.
La suite de la saison s’annonce donc captivante pour Pecco Bagnaia et Ducati. Entre potentiel affirmé et adaptation forcée, l’enjeu est clair : résoudre au plus vite ces problèmes pour rester dans la course au titre mondial.