Fabio Quartararo a enfin mis fin à une longue disette. Au Qatar, le pilote français a signé une exceptionnelle troisième place en qualifications, sa première apparition sur la première ligne depuis le Grand Prix d’Assen en 2022.
Une performance inespérée sur un tracé exigeant
Sur le circuit de Lusail, Fabio Quartararo a surpris tout le paddock MotoGP avec une qualification tonitruante. Sur une Yamaha M1 pourtant loin d’être la référence de la grille cette saison, le champion du monde 2021 a décroché une très prometteuse troisième place. En bouclant son dernier tour de Q2 en 1’50.759, « El Diablo » s’est non seulement hissé sur la première ligne, mais il a également égalé l’ancien record absolu du circuit. Seuls Alex Márquez et Marc Márquez, tous deux sur Ducati, ont réussi à faire mieux, battant largement le précédent chrono de référence.
Interrogé par Canal+, Quartararo n’a pas masqué sa joie : « C’est vraiment sympa. Sincèrement, j’avais oublié la sensation d’être en première ligne. Je crois que ça fait presque trois ans… donc franchement, ça fait du bien. Réussir à faire un tour rapide comme je l’ai fait, c’est plaisant ; sentir qu’on se met vraiment à la limite et qu’on va vraiment vite. »
L’événement n’est pas anodin : c’est la première fois depuis 2022 que Quartararo se qualifie aussi haut sur la grille. Et surtout, il est le seul pilote non-Ducati à figurer dans le top 4, un exploit compte tenu de la domination écrasante des V4 italiennes cette saison.
Du mieux chez Yamaha : un espoir pour la suite ?
Ce coup d’éclat ne survient pas dans le vide : Yamaha semble progressivement retrouver des couleurs. Alex Rins, coéquipier de Quartararo chez Yamaha Factory Racing, a lui aussi signé une de ses meilleures qualifications de l’année. Après être passé par la Q1, le pilote espagnol a accroché la 9e place sur la grille, concrétisant ainsi la première double présence des Yamaha dans le top 10 cette saison.
Pour un constructeur en souffrance depuis plusieurs saisons, cette double performance est un signal important. Certes, le rythme de course reste encore en retrait par rapport aux Ducati, KTM ou Aprilia, comme l’a reconnu Quartararo : « Le rythme n’est pas encore à la hauteur des autres… il manque encore pas mal pour être vraiment compétitifs. Mais partir en première ligne peut clairement nous aider aussi bien dans le sprint que sur la course longue. »
Il n’empêche, cette éclaircie est la bienvenue. Yamaha n’a cessé de travailler sur la mise à jour aérodynamique de sa M1 et sur la gestion du grip — deux points faibles chroniques ces dernières années. À voir si cette dynamique positive peut se confirmer au fil des prochains week-ends.
Quels enjeux pour Quartararo et Yamaha ?
Ce retour dans le top 3 est porteur d’espoir pour l’avenir. Au-delà de l’aspect purement sportif, cette performance arrive dans un contexte crucial pour Yamaha. Engagée dans une course contre la montre pour rattraper son déficit technologique, la firme d’Iwata se doit de démontrer des signes tangibles de progrès. Et c’est aussi un signal fort pour Fabio Quartararo, dont le contrat arrive à échéance fin 2024 — des rumeurs de transfert ne cessent de circuler.
Le Qatar pourrait marquer un tournant, avec une Yamaha enfin capable de se battre au moins pour le top 5. Si Quartararo transforme cette qualification en points solides lors du sprint et de la course, cela renforcerait sa position dans le box et relancerait l’attractivité du projet Yamaha, actuellement dépassé par les importantes avancées techniques des concurrents européens.
Rendez-vous donc ce week-end pour voir si la renaissance de Quartararo au Qatar annonce un vrai sursaut pour Yamaha… ou simplement une éclaircie passagère dans une tempête toujours en cours.