Après un démarrage catastrophique de la saison 2024, l’équipe Red Bull KTM Tech3 semble avoir retrouvé un soupçon d’optimisme au Grand Prix des Amériques. Dernière au classement général, la structure dirigée par Hervé Poncharal a montré des signes encourageants grâce à ses deux pilotes, Enea Bastianini et Maverick Viñales, malgré des conditions loin d’être idéales.
Un GP d’Austin sous tension mais prometteur
Le week-end texan n’a pas été de tout repos pour Tech3. Maverick Viñales, tout juste intégré à l’écurie orange, a dû faire face à deux imprévus mécaniques. D’abord en course sprint, où il se battait pour la 8e place avec Pedro Acosta avant de subir de violentes vibrations arrière : « J’ai juste commencé à avoir des vibrations à l’arrière. J’ai failli tomber deux ou trois fois, donc j’ai juste abandonné », confiait Viñales à MotoGP.com. Ensuite, le dimanche, sa KTM refuse de démarrer, le contraignant à partir depuis la voie des stands. Malgré cela, il termine 14e et inscrit ses premiers points avec Tech3.
De son côté, Enea Bastianini s’est risqué à partir en slicks tandis que la majorité du plateau optait pour des pneus pluie. Un choix visionnaire, certes, mais rapidement neutralisé par une situation hors norme : tous les pilotes ont pu changer de monture sur la grille, effaçant l’avantage stratégique. L’Italien n’a cependant pas dit son dernier mot en course, signant une superbe remontée pour conclure 7e, à seulement une seconde de la cinquième place.
Tech3 progresse, mais dans l’ombre
Malgré une position peu enviable au championnat, Tech3 n’a pas à rougir de ses performances à Austin. Pour Hervé Poncharal, les signes sont clairs : son équipe avance dans la bonne direction. Le team manager s’est exprimé auprès du site officiel du MotoGP : « À Austin, Maverick a progressé dans son adaptation à la KTM et cette tendance se poursuivra au Qatar. »
Il ne tarit pas d’éloges non plus pour Bastianini : « Enea a fini à seulement une seconde de la cinquième place et à deux secondes de la quatrième, alors qu’il avait perdu six secondes dans le premier tour. » Et d’ajouter, non sans une pointe de regret, que « le Top 5 aurait été possible » si les circonstances avaient été légèrement différentes.
Néanmoins, ces performances, bien que méritoires, restent insuffisantes pour sortir l’équipe de la zone rouge au classement. Car le niveau global du plateau est tel que la moindre erreur coûte cher, et la constance reste le talon d’Achille principal de l’écurie française.
Quels espoirs pour la suite de la saison ?
La marge de progression semble réelle, mais elle dépendra fortement de la capacité des pilotes à maximiser le potentiel de leurs RC16 respectives. Viñales, en phase d’adaptation, possède l’expérience nécessaire pour hisser la structure vers le milieu de tableau, à condition de gommer les soucis techniques récurrents. Bastianini, plus incisif, semble prêt à se battre aux avant-postes dès que le contexte lui est favorable.
Le Grand Prix du Qatar, théâtre du prochain affrontement, offrira une piste sèche et plus conventionnelle pour juger des réels progrès de Tech3. Une configuration qui pourrait mieux correspondre au style des deux pilotes.
Pour l’heure, les signes sont encourageants : une trajectoire ascendante dans les chronos, des remontées express en course, et un meilleur feeling général avec les machines. Le chantier reste vaste, mais si Tech3 continue à prendre le bon virage technique, le second tiers du championnat pourrait révéler un tout autre visage de l’équipe française.
Car dans ce MotoGP ultra-concurrentiel, il n’y a pas de miracles. Seulement des ajustements précis, des choix stratégiques payants, et une bonne dose de résilience. Trois ingrédients que Tech3 semble enfin réunir.