Le retour de Jorge Martin en MotoGP approche, mais avec plusieurs longueurs de retard et une moto encore méconnue, le champion en titre aborde ce come-back avec réalisme. Son objectif ? Se concentrer sur lui-même, tout en gardant un œil sur son futur rival numéro un : Marc Márquez.
Un retour compliqué avec une Aprilia encore peu testée
Présent ce week-end à Austin en tant que simple observateur, Jorge Martin se prépare à intégrer le championnat MotoGP 2025 dans des conditions loin d’être idéales. Après une absence de trois Grands Prix – dont celui d’Argentine et de Thaïlande gagnés par Marc Márquez – le Madrilène est conscient de l’écart déjà creusé. En revenant au Qatar, il démarrera l’année avec un handicap d’au moins 74 points sur Márquez, une situation inédite à ce stade de la saison.
Mais au-delà du classement, c’est aussi le manque de roulage qui inquiète. Martin n’a bouclé que 13 tours sur sa nouvelle Aprilia lors des essais à Sepang, un échantillon bien trop mince pour véritablement apprivoiser la RSV4. Dans une déclaration relayée par Motorsport.com, il confesse : « Il faut que je sois réaliste. Avec 5000 ou 6000 km de moins que mes rivaux et sur une machine totalement nouvelle pour moi, je vais devoir rester concentré sur mon apprentissage. »
Le défi est d’autant plus corsé que les autres pilotes ont déjà plusieurs week-ends de compétition dans les jambes, avec un rythme de course bien au point. En clair : le champion du monde en titre revient dans l’arène sans repère, ni points, ni pleine maîtrise de son matériel.
Márquez, l’homme à battre… mais pas de suite
Si l’objectif initial de Jorge Martin était clair – défendre son titre – il sait que le réalisme doit prendre le pas sur l’ambition. Interrogé sur ses chances de battre Marc Márquez cette année, sa réponse est aussi honnête que désarmante : « Je ne sais pas, j’espère ! Mais même si j’étais sur la piste aujourd’hui, je pense que ce serait impossible. » (source : Sky Sports MotoGP).
Márquez, le revenant de 2024, semble avoir trouvé un second souffle en s’imposant avec autorité en Thaïlande et en Argentine. Sa gestion de la Ducati est plus fluide que jamais, et son expérience fait la différence, notamment sur des fins de course tendues. Martin, lui, devra construire pierre après pierre son potentiel avec Aprilia, une approche bien moins fulgurante mais nécessaire.
Rien ne garantit toutefois une domination totale de Márquez. Si le début de saison est brillant, la longueur du championnat peut redistribuer les cartes, surtout si Martin monte en puissance à l’été. Le scénario reste donc ouvert, mais le champion du monde sait qu’il doit d’abord recoller au train.
Une Aprilia prometteuse : un motif d’espoir
Ce qui nourrit l’optimisme de Martin malgré tout, c’est le potentiel de l’Aprilia. Bien qu’il n’ait roulé que brièvement avec, il suit de près les performances de ses futurs coéquipiers, notamment Ai Ogura et Marco Bezzecchi. « J’observe si la moto est rapide en ligne droite, au freinage, à l’accélération… Et ce que j’ai vu me plaît. », assure-t-il.
Ces retours viennent conforter ses échanges réguliers avec la cellule technique d’Aprilia. Daniele Romagnoli, son chef mécanicien, Fabiano Sterlacchini (directeur technique) et Massimo Rivola (CEO de la marque) gardent Martin totalement impliqué dans le projet malgré son absence de la piste. Il identifie déjà une évolution claire du package technique comparé à l’an dernier, notamment en vitesse de pointe et entrée de virage.
Ce sont ces signes positifs qui alimentent sa motivation. S’il ne joue pas le titre dès son retour, Martin veut prendre ses marques, comprendre cette nouvelle moto et bâtir une base solide pour la suite de sa carrière chez Aprilia.
Conclusion : une saison de reconstruction, pas d’abandon
Le défi de Jorge Martin est celui du long terme. S’il semble hors course pour un deuxième titre d’affilée, 2025 sera l’occasion de construire une nouvelle ère avec Aprilia. Face à un Márquez revanchard, il faudra du courage, de la finesse technique, et une bonne dose de patience. L’Espagnol, lucide et déterminé, semble prêt à repartir de zéro pour viser à nouveau les sommets.