La situation de Jorge Martín fait couler beaucoup d’encre depuis le début de la saison 2025 de MotoGP. L’Espagnol, champion du monde en titre et désormais pilote Aprilia, n’a toujours pas disputé la moindre course officielle après son accident lors des tests de présaison. Avec trois Grands Prix manqués, son retard au classement général est déjà conséquent. Pour éviter un retour chaotique au Grand Prix du Qatar, son équipe a demandé une dérogation exceptionnelle lui permettant d’effectuer un test privé avec l’Aprilia RS-GP25. Mais cette requête fait débat dans le paddock. Jack Miller, pilote Yamaha-Pramac, a pris position de manière tranchée.
Jorge Martín en difficulté après un début de saison cauchemardesque
Le début d’année est un véritable calvaire pour Jorge Martín. Après une lourde chute lors des tests hivernaux, l’Espagnol a été contraint de manquer les Grands Prix de Thaïlande, d’Argentine et désormais celui des Amériques. Pendant ce temps, son grand rival Marc Márquez enchaîne les performances de haut vol, compliquant encore davantage la mission de défense du titre de Martín.
Face à cette situation, Aprilia et son directeur Massimo Rivola tentent d’obtenir une dérogation pour offrir au pilote un test privé avec la RS-GP25 avant son retour officiel en compétition. L’objectif ? Offrir à Martín une remise en jambe en conditions réelles avant d’affronter les pilotes déjà bien rodés par les premières courses de la saison.
Jack Miller ferme la porte : “Les règles sont les règles”
Si l’initiative d’Aprilia pouvait sembler légitime d’un point de vue sportif, elle se heurte à une opposition franche de plusieurs acteurs du paddock, à commencer par Jack Miller. L’Australien a réagi sans détour dans une interview accordée à Crash.net : “C’est le MotoGP, et c’est ainsi depuis très longtemps. On pourrait remonter à l’époque de Valentino Rossi, quand il s’est cassé la jambe en 2010. Et Marc Marquez, qui a manqué plus d’une saison entière après son accident en 2020. Ils ont fait les mêmes essais que tout le monde, c’est comme ça que ça marche.”
Pour le pilote Yamaha-Pramac, accorder un test privé à Martín serait une entorse aux règles qui pourrait créer un précédent difficile à gérer pour l’avenir. Il ajoute : “C’est dommage pour Martín, mais les règles sont les règles. Ce sont les cartes qui sont distribuées cette année.”
Un débat qui divise les écuries et les pilotes
Massimo Rivola, directeur d’Aprilia, a tenté de défendre sa proposition en avançant qu’un tel changement de règlement pourrait bénéficier aux pilotes à l’avenir. Mais cette tentative de lobbying a du mal à convaincre les autres constructeurs, qui y voient surtout un avantage destiné à Aprilia sur le court terme.
Rivola lui-même reconnaît que l’idée est audacieuse et potentiellement difficile à faire accepter par l’ensemble du paddock : “Je comprends que tous les constructeurs ne soient pas d’accord. Et je suis désolé pour tous les pilotes qui n’ont pas pu bénéficier d’une telle règle dans le passé. Mais après tout, peut-être que leurs directeurs d’équipe n’ont pas eu cette idée !”
Quel avenir pour Jorge Martín en 2025 ?
Au-delà de cette polémique, un autre défi de taille attend Jorge Martín : revenir immédiatement au niveau des meilleurs après plusieurs semaines d’absence. Son adaptation à l’Aprilia RS-GP25 sera cruciale pour espérer recoller aux avant-postes face à un Marc Márquez en grande forme.
Si la décision finale sur le test privé ne lui est pas favorable, l’Espagnol devra affronter le Grand Prix du Qatar avec un important déficit de roulage. Une épreuve psychologique autant que physique pour lui, alors que le championnat est encore long, mais déjà bien lancé.