Après deux saisons en demi-teinte chez Honda, Joan Mir semble avoir trouvé un nouveau souffle en 2025. Malgré un nombre encore important de résultats blancs, le pilote espagnol salue les progrès de la RC213V et avoue s’être reconnecté à son style de pilotage originel. Une éclaircie dans un parcours jusqu’ici semé d’embûches chez le constructeur japonais.
Honda : une moto enfin taillée pour Mir
Depuis son arrivée chez Honda en 2023, Joan Mir a peiné à s’acclimater à une moto réputée difficile, notamment depuis le départ de Marc Márquez. Mais en 2025, un léger vent de changement souffle sur la structure HRC. Malgré une saison toujours marquée par des chutes, Mir est monté à deux reprises sur le podium, au Japon et en Malaisie, des résultats qu’il n’avait plus atteints depuis son titre mondial avec Suzuki en 2020.
Ce revirement, il le doit en grande partie à une évolution de la Honda RC213V. « Avec la Suzuki, ce n’était pas mon style. J’ai dû m’adapter à la moto pour avoir un pilotage plus fluide… Et maintenant, avec la Honda, je retrouve mon style naturel », déclare Mir dans une interview relayée par Paddock-GP. Habitué à freiner fort et à engager violemment l’avant, le Majorquin se sent plus à l’aise sur une machine qui lui permet enfin d’exploiter ses points forts. Un élément déterminant, surtout dans une catégorie où la confiance en sa moto est essentielle pour performer.
Une saison encore instable… mais porteuse d’espoir
Si Mir dit se sentir « renaître » grâce à la direction prise par Honda en 2025, la réalité reste contrastée. Sur 20 courses disputées jusqu’à présent, il compte 19 résultats blancs, un bilan qui illustre la fragilité de sa saison. Néanmoins, les deux podiums obtenus sont des signaux clairs : lorsque toutes les pièces du puzzle s’assemblent, Mir peut redevenir un sérieux prétendant au top 5. Son objectif désormais ? Trouver de la régularité.
Cela passe notamment par une amélioration constante du package technique. Honda n’est pas encore revenu au sommet, mais les ajustements apportés cette année — notamment au niveau du frein moteur et de la géométrie du châssis — ont permis à Mir de relancer la dynamique. Une approche qui pourrait porter ses fruits si la structure continue sur cette lancée pour 2026.
Côté humain, Joan Mir reste l’un des pilotes les plus réfléchis et déterminés du paddock. Sa capacité d’adaptation, déjà démontrée lorsqu’il a été champion avec une Suzuki atypique, est à nouveau mise à contribution. « Prendre plus de risques peut provoquer des chutes, mais si j’arrive à piloter avec un peu plus de marge, on peut gérer ça », explique-t-il. Ce discours démontre une compréhension fine de ses limites et une envie claire de transformer la frustration en performance.
Quels enjeux pour 2026 ?
La saison 2025 s’achèvera sans doute sans victoire pour Joan Mir, mais les progrès sont là. À l’aube de 2026, plusieurs enjeux se dessinent. D’abord, la capacité de Honda à livrer une moto compétitive dès les tests hivernaux. Ensuite, la possible confirmation de Mir comme fer de lance du projet HRC, alors que le futur de certains pilotes clés reste incertain.
Enfin, l’évolution de Mir lui-même : saura-t-il canaliser son style agressif pour réduire les erreurs tout en gardant l’avantage de son pilotage incisif ? S’il parvient à maîtriser cette fine frontière entre engagement et contrôle, le champion 2020 pourrait bien redevenir un acteur central du championnat MotoGP dans les saisons à venir.
Pour Honda, habitué au succès, il s’agit désormais de bâtir sur ces fondations. La « renaissance » de Joan Mir pourrait alors devenir la première pierre d’un retour au sommet pour le constructeur japonais.