Après une saison 2025 délicate pour Yamaha, les regards étaient tournés vers Valence pour la première journée des essais hivernaux. C’est là que Fabio Quartararo, figure de proue du constructeur japonais, a pu enfourcher pour la première fois une Yamaha équipée d’un moteur V4, marquant une révolution technologique majeure. Et si le Français restait prudent dans ses déclarations, ses premières impressions ont largement surpris le paddock.
Une révolution attendue : Yamaha passe enfin au V4
Historiquement fidèle au moteur quatre cylindres en ligne, Yamaha a pendant des années misé sur la souplesse et la fluidité, au détriment parfois de la performance moteur brute. Alors que Ducati, Honda, KTM et Aprilia exploitent le potentiel du V4 depuis plusieurs années, Yamaha accusait un retard technologique qui s’est cruellement fait sentir en 2025. Engluée dans le milieu de grille, l’écurie japonaise n’avait d’autres choix que de repenser sa copie.
Le passage au V4 n’est donc pas anodin : il nécessite une refonte complète du châssis, une modification du comportement dynamique de la moto et une adaptation du style de pilotage. Pour un pilote comme Quartararo, champion du monde 2021, cela représente un véritable défi. Mais les premières sensations enregistrées à Valence semblent prometteuses.
Les premières impressions de Quartararo : prudence, mais optimisme
Dans des conditions météo capricieuses ayant retardé les roulages, Fabio Quartararo a profité d’un après-midi plus clément pour prendre la piste avec la Yamaha V4. Interrogé par Motorsport.com après sa journée, le pilote tricolore a reconnu que cette nouvelle philosophie moteur changeait radicalement son approche : « Le pilotage est totalement différent par rapport au quatre cylindres en ligne. Mais j’aime la façon de piloter le V4 », a-t-il confié.
Malgré une certaine réserve, le Niçois laisse transparaître une forme d’optimisme mesuré. Il évoque « un moteur plus doux » mais pointe un « manque de puissance » encore flagrant. Les essais ont surtout servi à déterminer une base de réglage, sans recherche immédiate de performance : « On a passé beaucoup de temps à changer beaucoup de choses dans les réglages, parce qu’il nous manque clairement notre point fort, les sensations sur l’avant », explique-t-il. Un mal qui ronge Yamaha depuis plusieurs saisons.
Yamaha dans son coin : des concessions providentielles
Profitant de ses concessions (offertes aux constructeurs à la peine dans le classement constructeur), Yamaha est restée une journée de plus au circuit Ricardo Tormo, sans la présence des autres écuries. Une opportunité en or pour affiner ses premières données, loin de la pression des comparaisons directes.
Le programme est clair : ne pas chercher un chrono pour l’instant, mais établir une base de travail pour les grandes échéances des tests hivernaux de 2025, notamment à Sepang début février. À cette date, le V4 Yamaha devra enfin montrer l’étendue de son potentiel face à une concurrence féroce et déjà rôdée au format V4.
Quels enjeux pour Quartararo et Yamaha en 2025 ?
Pour Fabio Quartararo, cette transition représente bien plus qu’un simple changement mécanique. Le Français, en fin de contrat fin 2026, mise sur ce virage stratégique pour retrouver les sommets. Yamaha, de son côté, doit impérativement raccrocher le wagon de la performance s’il espère conserver El Diablo sur le long terme et rivaliser avec Ducati ou KTM, aujourd’hui ultra dominants.
Si l’adaptation au V4 s’annonce progressive, les premiers retours de Quartararo sont encourageants. Son attitude, plus positive que prévue, offre un élan d’espoir pour un constructeur qui doit convaincre à nouveau. Il est encore trop tôt pour parler de révolution, mais le chantier est lancé, et l’essentiel est là : une direction assumée, une base solide en développement, et un pilote impliqué.