MotoGP 2025 : Bagnaia confirme sa fidélité à Ducati, malgré une saison difficile

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par Lucas Moretti

Francesco Bagnaia a tranché : malgré une saison 2025 en demi-teinte, il veut continuer l’aventure avec Ducati jusqu’à la fin de sa carrière. Une annonce forte alors que la grille MotoGP se prépare à un mercato agité pour 2026, et que Marc Márquez a pris l’ascendant chez les Rouges.

Bagnaia affirme son intention de rester chez Ducati

La saison MotoGP 2025 s’est clôturée avec un changement d’équilibre chez Ducati : Marc Márquez, auteur d’une année incroyable, a remporté son neuvième titre mondial, éclipsant un Francesco Bagnaia en difficulté. Pourtant, loin de céder à la pression ou aux spéculations, le double champion du monde italien (2022, 2023) a décidé d’envoyer un message fort à son équipe : il ne veut pas partir.

« Je veux continuer avec Ducati. J’ai débuté avec Ducati, ils m’ont donné ma chance, ils m’ont donné la possibilité de gagner le titre, je leur ai donné le titre. On a amélioré la moto et c’est désormais une moto que tout le monde peut utiliser. Et mon ambition est de finir ma carrière avec eux », a-t-il déclaré à Motorsport.com. Une prise de position claire dans un contexte extrêmement concurrentiel chez Ducati, où la présence d’un Marc Márquez ultra-dominant bouleverse la hiérarchie interne.

Une déclaration qui soulève des questions stratégiques

Chez Ducati, la question du line-up 2026 risque d’être un casse-tête. Déjà engagé jusqu’à fin 2026, Marc Márquez est aujourd’hui le visage de la suprématie rouge. Avec ses performances impressionnantes cette saison et sa science de la course, le Catalan a rappelé qu’il reste l’un des plus grands talents du MotoGP moderne. Ducati, qui avait misé sur lui en 2024 avec une Desmosedici enfin optimisée pour son pilotage, a toutes les raisons de le prolonger au cœur de son projet sportif.

A contrario, Bagnaia a connu une saison 2025 marquée par l’inconstance et quelques erreurs techniques et stratégiques, suivies d’un manque de confiance en fin de saison. Pas facile d’exister quand son coéquipier monte sur 12 podiums et signe 7 victoires. Pourtant, Pecco reste l’un des architectes de l’ère dorée de Ducati : dès 2022, il a redonné au constructeur de Bologne une aura qu’il n’avait plus connue depuis l’époque Casey Stoner.

Continuité ou renouveau chez les Rouges ?

La sortie publique de Bagnaia, qui scelle son avenir chez Ducati sans même attendre un nouveau contrat signé, peut aussi être lue comme une manœuvre intelligente vis-à-vis de la direction sportive de l’écurie. En occupant l’espace médiatique, il impose déjà son projet personnel de fidélité — une valeur qui compte dans l’univers très politique du MotoGP.

Mais Ducati n’est pas une écurie sentimentale. Elle construit avec méthode, elle optimise en continu. Et face à l’explosion du talent de Jorge Martin chez Prima Pramac, ou les performances remarquées d’un Enea Bastianini chez Gresini, la concurrence interne est féroce. Sans compter que des outsiders comme Pedro Acosta ou Tony Arbolino aiguisent aussi les appétits…

Quel avenir pour Ducati et Bagnaia en 2026 ?

À ce stade, la balle est dans le camp de Ducati. Garder Bagnaia serait miser sur la stabilité et la continuité, des valeurs essentielles pour un constructeur qui domine autant sur la piste qu’en dehors avec sa stratégie satellite efficace (5 teams en 2025). Le palmarès de Pecco parle pour lui, tout comme sa capacité à travailler avec les ingénieurs, à faire progresser la moto, et à être un ambassadeur fort de la marque.

Mais le spectre Márquez reste omniprésent. Si Ducati décide de faire de lui le visage exclusif du futur, Bagnaia pourrait se retrouver dans un rôle secondaire, malgré sa loyauté. À moins que la marque italienne ne réussisse à gérer un duo de stars sans querelles internes, comme elle l’a, jusqu’ici, magistralement fait en 2025.

Une chose est sûre : en posant ses cartes sur la table, Francesco Bagnaia confirme non seulement son engagement, mais rappelle qu’il n’a pas dit son dernier mot. 2026 s’annonce explosif chez Ducati — et certainement décisif pour redessiner la hiérarchie du MotoGP moderne.

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