Dans ce début de semaine sous haute tension pour la Scuderia, l’écurie mythique de Maranello fait trembler le paddock. Après le désastre du Grand Prix du Brésil à Interlagos, le président de Ferrari, John Elkann, a vidé son sac. Un double abandon retentissant et un message sans équivoque envoyé à ses pilotes stars : Charles Leclerc et Lewis Hamilton doivent redresser la barre — et vite.
Ferrari en pleine tourmente après un GP du Brésil cauchemardesque
Le Grand Prix du Brésil 2025 restera dans les annales de Ferrari… pour les mauvaises raisons. Alors que la Scuderia avait montré des signes de regain de compétitivité durant la tournée asiatique, la catastrophe d’Interlagos a brutalement stoppé cette dynamique.
Dès les premiers tours, Charles Leclerc a été contraint à l’abandon : une panne hydraulique a figé sa SF-75 dans les méandres des S de Senna. De son côté, Lewis Hamilton, victime d’un accrochage avec Oscar Piastri en milieu de peloton, n’a pas vu la ligne d’arrivée non plus. C’est le deuxième double abandon de la saison après Zandvoort — un record que Ferrari aurait préféré éviter.
John Elkann, président du groupe Stellantis et figure de proue de Ferrari, n’a pas attendu pour faire entendre son mécontentement. Dans des propos relayés par l’agence AGI en marge de la signature d’un partenariat avec les JO 2026, Elkann a qualifié la performance de « déroutante et inacceptable ». Il a vivement critiqué l’attitude des pilotes, les appelant à « faire preuve de davantage de responsabilité et d’intelligence stratégique en course ».
Des ambitions 2025 déjà en péril ?
Le couple Leclerc-Hamilton, censé incarner la nouvelle ère de Ferrari en 2025, semble déjà sous pression. Et pour cause : malgré les espoirs nourris par le nouveau projet technique piloté par Enrico Cardile, les résultats tardent à venir. Leclerc n’a toujours pas remporté la moindre course cette saison, et Hamilton peine à s’acclimater au comportement instable de la Ferrari, particulièrement dans les phases de freinage.
Le discours musclé d’Elkann n’est pas anodin. Il intervient dans un contexte de frustration grandissante au sein de l’état-major de la Scuderia, qui voit la domination du duo Red Bull-Verstappen se poursuivre sans réelle opposition. Et pendant ce temps, McLaren (reboostée par Lando Norris) et Mercedes se rapprochent dangereusement au classement constructeurs.
Comparaison avec MotoGP : quand les stars doivent (aussi) rendre des comptes
Cette sortie médiatique d’un grand patron de sport mécanique n’est pas sans rappeler ce qu’on a récemment vu en MotoGP. À l’image d’un Fabio Quartararo, qui assume publiquement les limites de sa Yamaha en 2025 après une nouvelle sixième place au Portugal, les pilotes sont désormais appelés à plus de transparence et de responsabilité. Le sport mécanique de haut niveau, qu’il s’agisse de Formule 1 ou de MotoGP, exige une alchimie parfaite entre technologie, performance et psychologie. Sans alignement entre pilote, machine et stratégie, les ambitions de titre s’évanouissent.
Un message clair envoyé à tout le paddock
Cette déclaration choc de John Elkann pourrait être un tournant dans la saison de Ferrari. En mettant publiquement la pression sur Hamilton et Leclerc, le président de la Scuderia espère sans doute provoquer un électrochoc. D’autant que le prochain rendez-vous à Las Vegas, sur un tracé urbain ultra-rapide, mettra les nerfs et les voitures à rude épreuve.
L’enjeu ? Ne pas décrocher définitivement dans la course aux podiums et préparer sereinement le développement de la monoplace 2026, conçue pour une nouvelle ère réglementaire. Du côté de Maranello, il faudra bien plus que de beaux discours pour inverser la vapeur. Car en Formule 1 comme en MotoGP, seules les performances parlent…
Avec cette sortie médiatique, Elkann joue une carte audacieuse : celle du choc émotionnel en plein cœur de saison. Reste à savoir si ce coup de semonce portera ses fruits ou précipitera la Scuderia vers une nouvelle crise interne. Réponse dans les prochains Grands Prix, où chaque point comptera plus que jamais.