Après un Grand Prix d’Autriche particulièrement houleux, Francesco Bagnaia a choisi de remettre les pendules à l’heure. Dans un paddock MotoGP toujours plus exigeant et scruté, le pilote du team Ducati Lenovo a pris la parole pour faire taire les rumeurs et réaffirmer ses ambitions. Face à une concurrence féroce et à des performances en dents de scie dans cette saison 2025, le double champion du monde démontre qu’il n’a pas dit son dernier mot. Analyse.
Une saison 2025 loin d’être un long fleuve tranquille
Pour Bagnaia, les premiers Grands Prix de cette nouvelle saison ont été un mélange d’espoirs et de désillusions. Alors qu’il visait une troisième couronne mondiale, le pilote italien s’est retrouvé confronté à une dynamique irrégulière. Entre des performances solides sur certains circuits et des week-ends ratés — comme en Autriche — l’Italien se cherche encore, tout en restant dans le coup pour le championnat.
Critiqué pour ses réactions parfois impulsives face aux médias et son attitude tendue lors des conférences de presse, Bagnaia a toutefois choisi la transparence. « Je suis quelqu’un de transparent. Mon problème est que je dis plus ou moins tout le temps ce que je pense », a-t-il expliqué dans des propos relayés par autohebdo.fr. Il a également reconnu que ses déclarations à chaud, après un week-end désastreux, ont pu provoquer des malentendus : « Ma priorité est de gagner à nouveau avec ma moto, avec mon équipe. »
Ces propos confirment une volonté claire : rester chez Ducati, à condition que l’équipe parvienne à retrouver la compétitivité de ses plus belles années. Car si la Desmosedici GP25 reste une référence technologique, la concurrence — Aprilia, KTM, voire Honda en reconstruction — est plus affûtée que jamais.
Une relation forte entre Bagnaia et Ducati
Malgré les tensions apparentes, aucun signe de rupture n’émerge pour l’instant entre Bagnaia et Ducati. Le constructeur de Bologne, qui lui a permis de décrocher deux titres mondiaux (2022 et 2023), garde toute confiance en son pilote fétiche. Le manager de l’équipe, Davide Tardozzi, n’a d’ailleurs cessé de répéter que « Pecco reste au cœur du projet » et que les difficultés actuelles ne sont qu’un passage à vide.
Cette relation de confiance est un pilier essentiel pour affronter la deuxième partie de saison. Avec plusieurs courses clés à venir, Bagnaia veut inverser la tendance. « Si je peux rester, je resterai », a-t-il déclaré, conscient cependant que le MotoGP est un environnement ultra-compétitif, où rien n’est jamais garanti.
Côté technique, Ducati travaille d’arrache-pied sur des évolutions aérodynamiques et l’électronique, en collaboration étroite avec les ingénieurs du groupe. La question est désormais de savoir si Bagnaia parviendra à exploiter pleinement ce potentiel lors des prochaines courses.
Quel avenir pour Bagnaia en 2026 ?
Si le pilote italien affirme ne pas penser à un changement, les observateurs restent attentifs. En coulisses, plusieurs écuries pourraient tenter une approche si les relations venaient à se tendre. KTM, agressif depuis deux saisons sur le marché des pilotes, ou Honda en quête d’une nouvelle figure de proue, pourraient se montrer intéressés par un pilote de la trempe de Bagnaia.
Mais pour l’instant, tous les voyants restent tournés vers une prolongation de l’histoire rouge. Ducati sait qu’en temps normal, Bagnaia peut être redoutable sur n’importe quel tracé. Et Pecco, malgré la tempête, veut prouver qu’il est encore l’homme de la situation à Bologne. Tout pourrait se jouer dans les semaines à venir… et sur l’asphalte.