Alors que le MotoGP se prépare à vivre une révolution technique en 2027, les écuries s’activent en coulisse pour assurer leur avenir. Parmi elles, Tech3 pourrait bien amorcer un tournant stratégique majeur grâce à l’intérêt d’un acteur inattendu : Günther Steiner, ancien directeur d’équipe de Haas F1. Faut-il y voir une simple opportunité ou le début d’un repositionnement audacieux ? Analyse d’un possible mariage entre un stratège de la F1 et une structure historique de la catégorie reine du deux-roues.
Tech3 en quête d’un avenir solide pour l’après-2027
A l’occasion du Grand Prix d’Aragon, Hervé Poncharal, patron emblématique de l’équipe Tech3, a ouvertement évoqué ses projets pour pérenniser la structure à l’horizon 2027-2031, en marge de l’introduction des nouveaux règlements techniques. Il explique vouloir sécuriser l’avenir de l’équipe fondée en 1989, notamment via de nouveaux investisseurs ou partenaires stratégiques :
“Je pousse pour m’assurer que nous soyons toujours bel et bien là en 2027-2031, avec le nom de Tech3, j’espère, avec ma base, mon équipe et différents investisseurs, simplement pour que les choses soient sécurisées.” (source : motorsport.com)
Cette déclaration souligne à quel point la nouvelle réglementation MotoGP, qui devrait profondément transformer la conception des prototypes et les dynamiques économiques du paddock, incite les équipes satellites à reconsidérer leur modèle. Dans ce contexte, l’entrée d’un acteur extérieur expérimenté pourrait être la clé de voûte du futur montage.
Günther Steiner, un profil atypique mais stratégique
Figure populaire du paddock de F1 grâce à ses sorties franches dans la série Netflix Drive to Survive, Günther Steiner n’a jamais caché son affection pour le sport moto. Interrogé par Canal+ lors du week-end d’Aragon, il a confirmé son intérêt pour un possible investissement dans le MotoGP, et plus précisément chez Tech3 :
“J’ai parlé à quelques personnes. C’est un sport très cool, très intéressant, ça m’a toujours plu. J’ai parlé à des gens et j’ai rencontré Hervé Poncharal, un mec très sympa, que je ne connaissais pas auparavant. Il a beaucoup d’expérience en MotoGP, il est là depuis toujours, peut-être même avant la création du MotoGP !” (source : motorsport.com)
Ancien patron de l’écurie américaine Haas F1 de 2014 à 2023, Steiner connaît par cœur les enjeux du sport de haut niveau : développement technique, gestion d’équipe, relations avec les sponsors, sans oublier une forte capacité médiatique. Son éventuelle arrivée dans le giron Tech3 ne serait pas qu’un effet d’annonce — elle pourrait bien représenter un tournant stratégique et économique pour l’équipe basée à Bormes-les-Mimosas.
Un partenariat en gestation, sans précipitation
Pour l’heure, aucun accord n’a été signé. Steiner se veut prudent et tempère :
“Je ne suis pas pressé, il n’y a pas de deadline. Si ça se fait, très bien, et si ça ne se fait pas, c’est bien aussi. Je suis très heureux où je suis, néanmoins j’y travaille. J’espère en savoir plus d’ici la fin de l’année, au moins savoir si ça se fait ou pas.” (source : motorsport.com)
Cette déclaration révèle une approche mesurée, typique du style Steiner : étudier, discuter, structurer… avant d’agir. Mais son intérêt ne relève pas du simple flirt médiatique. Il réfléchit bel et bien à faire son entrée dans une discipline en pleine évolution, au moment où la compétition se densifie et où les structures satellites cherchent à gagner en indépendance.
Entre la nécessité pour Tech3 de sécuriser son avenir, et l’expérience de Steiner dans la gestion d’écuries en environnement ultra-compétitif, les pièces du puzzle semblent s’assembler lentement mais sûrement. Reste à savoir si d’ici fin 2024, ce duo inédit choisira de fusionner ses ambitions.