La saison MotoGP 2025 restera dans les mémoires, mais pas pour les raisons espérées du côté de Francesco Bagnaia. Auteur d’une année en demi-teinte et relégué à la cinquième place du classement général, l’Italien a vu son statut de double champion du monde bousculé par l’arrivée fracassante de Marc Márquez chez Ducati. Une saison éprouvante où, comble de la tourmente, Bagnaia s’attire désormais les foudres de personnalités influentes du paddock. Dernier épisode en date : Livio Suppo, ancien directeur d’écurie chez Honda et Suzuki, n’a pas mâché ses mots à l’encontre de Pecco, pointant du doigt un déficit de communication qui alimente « thèses conspirationnistes et malentendus ».
2025, l’année cauchemar de Francesco Bagnaia
Après deux titres consécutifs en 2022 et 2023, Francesco Bagnaia entamait l’année 2025 avec l’étiquette de favori dans le dos, auréolé de son statut de leader chez Ducati. Mais l’irruption de Marc Márquez dans le team officiel a profondément changé la donne. Le nonuple champion du monde a livré une saison titanesque, ponctuée d’un sacre qui marque son grand retour au sommet.
De son côté, Bagnaia a alterné les hauts et surtout les bas. Des chutes évitables, des performances erratiques, et une communication souvent nébuleuse autour d’épisodes clés, dont un mystérieux test privé à Misano. Selon certaines rumeurs, ce roulage aurait été effectué avec la Desmosedici GP24 initialement prévue pour Franco Morbidelli. Une information jamais confirmée officiellement. Ce silence, couplé aux prestations en dents de scie du pilote italien, a alimenté la confusion chez les fans et les observateurs.
Livio Suppo : « Il doit apprendre à mieux communiquer »
Dans une interview accordée à GPOne, Livio Suppo a publié un avis tranché sur la posture médiatique de Bagnaia : « C’est un pilote talentueux, mais il devrait prendre des cours dans ce domaine. Cette année, il a dit plusieurs choses qui ont alimenté les théories et les conspirations. Parfois, lorsqu’il parle, il est un peu trop énigmatique ».
Pour l’ancien dirigeant d’équipe, le manque de clarté de Bagnaia ne fait que brouiller les pistes auprès du public comme des commentateurs : « Cela laisse la porte ouverte à de trop nombreuses interprétations. S’il veut rester le leader d’une équipe comme Ducati, il devra apprendre à mieux gérer sa communication ».
Suppo ne s’arrête pas là. Au-delà du seul discours médiatique, il évoque un avenir incertain pour le champion italien. « Il est sentimentalement attaché à la marque, mais si un autre constructeur le courtise avec un contrat en or et qu’il continue à souffrir en 2026, pourquoi resterait-il ? »
Ducati, communication blindée ou stratégie confuse ?
À la lumière de ces déclarations, se pose une question stratégique : Ducati aurait-elle intérêt à muscler son approche en matière de communication interne ? Car si les déclarations de Bagnaia manquent souvent de clarté, c’est aussi que l’écurie semble parfois perpétuer des silences inconfortables, comme ce fut le cas autour du test de Misano. En MotoGP moderne, où chaque fragment d’information est disséqué et amplifié, le moindre non-dit devient source de malaise.
Sur la piste, Bagnaia reste un des plus rapides du plateau, mais en dehors, la gestion de son image pourrait bien devenir un axe crucial à travailler pour retrouver la stature d’un champion incontesté. Ducati, en quête de stabilité face à la popularité renaissante de Márquez, devra composer avec ce double visage de Pecco : pilote de génie, mais porte-parole encore trop approximatif.
Quel avenir pour Bagnaia chez Ducati ?
L’année 2026 pourrait être celle de la rédemption pour Bagnaia… ou celle du divorce. Si les performances ne suivent pas et que le dialogue avec les fans et les médias reste bancal, Ducati pourrait revoir son projet en profondeur. Malgré son attachement historique à la firme de Bologne, Bagnaia devra démontrer sa capacité à rebondir, autant en piste que devant les micros. L’enjeu est de taille : dans un paddock dominé par la performance et l’image, le moindre faux-pas de communication peut coûter cher.