L’année 2025 marque un tournant pour Joan Mir et le HRC. Après deux saisons en demi-teinte, le champion du monde 2020 semble enfin avoir retrouvé la forme – et surtout la confiance – pour batailler avec les meilleurs. Deux podiums, des Top 5 prometteurs, et une volonté affichée de rester chez Honda : Mir incarne le renouveau d’un constructeur historique en quête de rédemption.
Un retour au premier plan grâce à la persévérance
Depuis son arrivée chez Honda en 2023, tout n’a pas été simple pour Joan Mir. L’ex-pilote Suzuki, sacré champion du monde en 2020, a rejoint la firme de Tokyo au pire moment de son histoire récente. Développement chaotique, moto difficile à dompter, série de blessures… Le Majorquin a même envisagé de raccrocher le cuir, tant la frustration pesait sur ses résultats.
Mais en 2025, la tendance s’inverse. Grâce à des évolutions techniques dans le développement de la RC213V – notamment une meilleure gestion de l’électronique, un châssis revu et une approche plus concertée entre ingénieurs et pilotes – Mir a pu remonter la pente. Résultat : deux podiums obtenus cette saison et de solides prestations dans le top 5 lors de plusieurs Grands Prix qui attestent de son regain de compétitivité.
« Je pense que j’ai toujours cherché une récompense, parce qu’il en faut une. Si on vient ici juste pour participer, ça ne récompense pas les efforts. Je serais parti depuis longtemps sans résultats », confie Joan Mir à Motorsport.com. Une déclaration qui en dit long sur son mental retrouvé et sur sa détermination à ramener Honda au sommet.
Honda : une stratégie de reconstruction en cours
Honda, géant historique du MotoGP, a entamé depuis 2024 un chantier colossal pour revenir dans la bataille face à Ducati, KTM ou Aprilia. L’écurie japonaise s’appuie désormais sur un travail d’ingénierie approfondi, intégré davantage aux retours de ses pilotes. Joan Mir s’impose dans ce contexte comme un élément clé : expérimenté, techniquement rigoureux, et désormais motivé par une ambition retrouvée.
La décision du Majorquin de prolonger avec Honda jusqu’en 2026 envoie un signal fort. Elle témoigne de la confiance mutuelle entre le pilote et le constructeur et laisse entrevoir une montée en puissance potentielle pour l’an prochain. « On sait qu’avec un week-end parfait, on peut décrocher de très bons résultats. J’espère que les gens aiment ça de l’extérieur », ajoute Mir dans les mêmes propos relayés.
Ce vent d’optimisme tranche avec l’ambiance morose qui pesait sur la structure depuis le départ de Marc Márquez. Entre changement de management, implication accrue du HRC dans le projet MotoGP, et nouvelles recrues en ingénierie, la dynamique semble bel et bien relancée.
Si les écarts sur certains circuits restent notables (en particulier face aux Desmosedici de Ducati ultra performantes), Mir et l’équipe Repsol Honda affichent désormais des week-ends compétitifs, où la moto permet d’exploiter le potentiel du pilote. De là à rêver d’une victoire en 2026 ? Le pari est lancé.
Quel impact pour la suite du championnat MotoGP ?
Avec ce retour en forme de Joan Mir, le MotoGP pourrait voir se resserrer une hiérarchie encore largement dominée par Ducati. La saison 2025 a confirmé que, dès lors que la Honda est compétitive, son pilote espagnol est capable de se mêler aux luttes de tête. C’est une donnée capitale dans une discipline où chaque millième compte.
Pour le MotoGP, cette progression de Mir représente un double enjeu : d’abord redynamiser un HRC qui reste une icône du paddock, ensuite remettre en lumière le talent d’un champion du monde qui, à seulement 28 ans, a encore de belles années devant lui. Et si 2025 était finalement le prélude à un Honda vs Ducati version nouvelle génération ?