GP de Malaisie 2025 : l’incroyable podium de Joan Mir malgré des conditions extrêmes

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par Maxime Leclerc

Frissons et sueurs froides au Grand Prix de Malaisie 2025 : Joan Mir a signé une troisième place impressionnante à Sepang dans une course où chaque virage a été un combat pour la survie mécanique et mentale. Si le classement brut salue un podium solide, les coulisses révèlent une réalité bien plus complexe.

Un podium à haute intensité : Mir maître de la survie

Dimanche dernier, Sepang a de nouveau montré les dents. Températures caniculaires, humidité écrasante et un asphalte exigeant ont mis les nerfs des pilotes à rude épreuve. Pour Joan Mir, ce Grand Prix n’a rien eu d’une balade dominicale. « C’était difficile, surtout au niveau de la gestion des pneus », a-t-il confié au micro de Sky Sport. Une déclaration qui en dit long sur la difficulté du défi malaisien.

Face à ces conditions extrêmes, l’Espagnol a brillamment su doser son approche, alternant prudence stratégique et attaques mesurées. Lorsque les signes de faiblesse de Francesco Bagnaia sont apparus, Mir a mis les bouchées doubles : « Quand j’ai vu que Pecco était en difficulté, j’ai commencé à gagner 3 à 4 dixièmes par tour », a-t-il expliqué.

Ce gain de performance, fruit d’une stratégie minutieuse basée sur la préservation des pneumatiques et la constance en sortie de virage, lui a permis de rester dans la zone du podium jusqu’au drapeau à damier.

La Honda en progrès mais encore imparfaite

Ce podium a également mis en lumière des signes encourageants du côté de Honda. Longtemps à la traîne face aux Ducati, KTM et Aprilia, la RC213V semble avoir enfin trouvé un certain équilibre sous les mains expérimentées de Mir. Pourtant, le pilote reste lucide : « Je ne sais pas si cela aurait suffi pour le dépasser. Je suis désolé pour lui, mais je suis content d’avoir terminé sur le podium », précise-t-il, conscient que le résultat repose autant sur ses choix techniques que sur la baisse de régime de ses concurrents.

La performance de Mir montre une nette amélioration dans la gestion de la motricité, particulièrement en sortie de virage, un point qui pénalisait Honda depuis plusieurs saisons. Mais la RC213V reste un prototype sensible, notamment à l’entrée de virage où la confiance au freinage reste encore limitée face aux meilleures machines du plateau MotoGP 2025.

Des promesses pour 2026 : l’optimisme de Joan Mir

Malgré les défis, Joan Mir n’envisage pas cette performance comme un exploit isolé. Il voit ce podium comme une base solide sur laquelle construire pour 2026 : « Si nous parvenons à maintenir cette entrée de virage et à gagner un peu plus d’adhérence en sortie, nous aurons un package très compétitif pour l’année prochaine », anticipe-t-il.

Honda, qui travaille déjà en coulisses sur la nouvelle itération de sa MotoGP, pourrait capitaliser sur cette course pour ajuster son châssis et sa gestion électronique – deux points critiques pour maximiser l’utilisation des gommes Michelin dans des conditions extrêmes. L’expertise de Joan Mir, champion du monde 2020 avec Suzuki, reste un atout précieux dans cette phase de redéploiement technique.

Si rien n’est encore gagné pour le HRC, ce podium malaisien pourra très probablement faire office de tournant stratégique. Une chose est certaine : Joan Mir n’en a pas terminé avec les marches du podium, et Honda pourrait bien retrouver, petit à petit, les sommets qu’elle a longtemps dominés.

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