Premier pilote thaïlandais à s’aligner sur une saison complète en MotoGP, Somkiat Chantra vit un baptême du feu difficile en 2025 au guidon de la Honda du team LCR. Malgré de belles promesses en Moto2, le rookie est aujourd’hui bon dernier du classement général, sans avoir inscrit le moindre point. Une situation décevante que son équipe tente de décoder. Analyse.
Un apprentissage plus rude que prévu
Lorsque LCR Honda annonce la promotion de Somkiat Chantra en MotoGP pour la saison 2025, nombreux sont ceux à saluer une progression logique. Champion en devenir en Moto2, Chantra a su séduire par sa vitesse et sa constance. Mais l’adaptation au MotoGP s’avère beaucoup plus ardue que prévue. À l’issue de plusieurs courses, le pilote thaïlandais n’a toujours pas débloqué son compteur de points, une situation difficile à digérer mais pas totalement inattendue selon son crew chief Klaus Nöhles.
Interrogé par motorsport.es, Nöhles concède : “Au début, nous étions très loin. Plus loin que je ne l’aurais souhaité. C’était plus difficile que ce à quoi je m’attendais. Je dois dire que nous avons vu une très bonne courbe d’apprentissage lors du test hivernal de Sepang, du test de Thaïlande et de la première course.”
Selon lui, Chantra montre des signes de progrès encourageants, mais son adaptation au gabarit, aux réglages complexes et à l’intensité d’une MotoGP prend du temps. La transition Moto2-MotoGP est souvent sous-estimée et nécessite une transformation complète du style de pilotage, du mental, et de la gestion des données techniques.
Une Honda imprévisible et mal adaptée aux rookies
Si l’apprentissage est difficile, la Honda RC213V 2025 n’aide pas à simplifier les choses. Connue pour sa nature exigeante, la machine japonaise est capricieuse et demande une précision chirurgicale. Ce manque de indulgence rend l’apprentissage de Chantra plus compliqué, d’autant plus que la moto semble davantage taillée pour des pilotes aguerris comme Joan Mir que pour les débutants.
D’après Takaaki Nakagami, coéquipier de Chantra chez LCR, la difficulté réside avant tout dans le style de conduite : “Il a la vitesse mais dans certains domaines, il lui manque encore quelque chose : il continue à piloter un peu dans le style Moto2. Je pense qu’il comprend qu’il doit s’adapter complètement au style MotoGP, mais dans certains domaines, ce n’est toujours pas suffisant.” (source : motorsport.es).
Dans un paddock aussi serré en performance, une demi-seconde de retard peut vite condamner un pilote aux dernières lignes de la grille. Le manque de roulage, la complexité électronique de la RC213V et la pression médiatique rendent l’environnement particulièrement hostile pour un rookie non européen, qui doit aussi s’intégrer culturellement au paddock.
Un projet à construire sur le long terme
Malgré cette entame difficile, l’entourage de Chantra reste confiant. Il s’agirait avant tout de respecter les étapes d’une construction à long terme. Le team souhaite stabiliser ses acquis avant de viser des top 15. Avec le soutien de Honda Asia et du sponsor Idemitsu, Chantra dispose d’un environnement stable, ce qui est crucial pour progresser sans pression excessive.
Si cette première partie de saison 2025 a des allures de cauchemar comptable, elle constitue un laboratoire d’apprentissage pour Chantra. Son avenir immédiat dépendra largement de sa capacité à digérer ces épreuves, à adapter son pilotage et à trouver davantage de feeling avec sa Honda. Le MotoGP, on le sait, ne pardonne pas l’approximation.
En attendant, la patience est de mise du côté de LCR et de la maison mère Honda, qui voit en Chantra un pari sur l’avenir mais aussi un pion stratégique pour son image sur le marché asiatique, notamment en Thaïlande, où le MotoGP connaît un essor remarquable.
Conclusion : Rien n’est perdu pour Somkiat Chantra. Si les résultats restent décevants, il dispose encore de la confiance de son équipe et du temps pour progresser. La suite de la saison sera décisive pour son avenir en catégorie reine.