Fabio Quartararo a beau sauver les apparences en terminant sixième à Brno, la réalité est bien plus amère pour Yamaha. Entre un manque de grip évident, des soucis de moteur persistants et une concurrence qui s’échappe, le Français sonne l’alerte.
Une course en trompe-l’œil pour Quartararo
Dimanche dernier sur le circuit de Brno, Fabio Quartararo a franchi la ligne en sixième position. Un résultat qu’il qualifie lui-même de « correct » (MotoGP.com), mais qui peine à masquer les déboires de Yamaha cette saison 2025. Tout semblait écrit à l’avance : un départ compliqué, des pertes de positions face aux Ducati, KTM et Aprilia, puis un regain de rythme en fin de course. Mais une course MotoGP ne se gagne pas dans les dix derniers tours quand les dégâts sont déjà faits.
Le constat est limpide : Fabio est toujours en lutte, jamais en mesure d’attaquer sereinement. « Les cinq premiers tours sont vraiment compliqués pour nous. Il nous manque beaucoup de grip » a-t-il déclaré au micro de la Dorna. Malgré des réglages entièrement revus le matin même, le manque d’adhérence à l’arrière persiste. Conséquence : lorsqu’il se retrouve derrière un autre pilote, il doit freiner bien plus tôt, perdant systématiquement du terrain dans la mêlée.
À Brno, il a vu Bezzecchi, Acosta, Bastianini et Fernández le dépasser sans pouvoir répliquer. « Je ne suis jamais seul, donc on a toujours du mal« , résume-t-il. Même lorsque son rythme se rapproche du top 3 en fin d’épreuve, la remontée reste trop tardive et trop timide pour peser réellement sur le classement.
Une Yamaha technologique à la peine
Le mal est plus profond et touche au cœur même de la M1 : son architecture moteur. Yamaha reste à contre-courant du peloton MotoGP avec son quatre cylindres en ligne. Face aux V4 de Ducati, KTM, Aprilia et Honda, le moteur japonais manque de punch à l’accélération et de stabilité au freinage. Cela se traduit par une plus grande difficulté à freiner avec stabilité sur les deux roues, ce qui pénalise à la fois l’entrée de courbe et la reprise de vitesse.
À cela s’ajoute un problème chronique de frein moteur mal calibré et une ouverture des gaz toujours imprécise, compliquant la gestion électronique, notamment en sortie de virage. Ces éléments, en apparence anecdotiques, s’additionnent pour former un handicap technique qui mine les ambitions de Quartararo.
Le contraste est criant avec Ducati, par exemple, dont le package a encore dominé ce week-end, notamment avec la cinquième victoire consécutive de Marc Márquez. Pendant que les rouges affinent leur système de ride-height et que KTM peaufine son aérodynamique, Yamaha semble faire du surplace, en quête de solutions que l’équipe technique peine à concrétiser.
Une pause estivale pour (espérer) tout relancer
Alors que le championnat s’offre une trêve estivale bien méritée, Quartararo souffle, mais reste inquiet. « C’était une très longue première partie de saison » dit-il, lucide. Le potentiel de la M1 n’a pas été réellement exploité, et les essais privés ne semblent pas apporter les évolutions nécessaires.
Les rumeurs d’un changement radical de philosophie moteur pour 2026 se confirment dans le paddock : Yamaha travaillerait sur un prototype V4 pour renouer avec la compétitivité. Mais en attendant, 2025 pourrait bien ressembler à un long chemin de croix pour le clan bleu. Sur la piste, Quartararo refuse de se résigner, mais sur le plan technique, l’heure est au doute.
La deuxième partie de saison s’annonce donc cruciale, non pas pour décrocher le titre – désormais hors de portée – mais pour montrer que Yamaha peut encore réagir. Car si rien ne bouge, Quartararo pourrait bien perdre patience… et chercher d’autres horizons.